Test DVD : Black Sea

Notre test DVD

Test DVD Black Sea

 

 

L'histoire :

Robinson est un capitaine de sous-marin depuis des années, mais se fait licencier par ses employeurs. Robinson compose, alors, un équipage pour trouver un trésor de guerre englouti dans un U-Boat allemand de la seconde guerre mondiale, dont l'existence lui est dévoilée par un ancien collègue. La découverte du trésor aura des conséquences sur l’ensemble des hommes engagés dans cette mission. Combien d’entre eux remonteront vivants à la surface ?

 

Le Test DVD

Image 5/5

On n'attendait pas une telle qualité pour un DTV. Le grain est bien respecté, ne bave jamais malgré une photographie très travaillée, signée par Christopher Ross (Bienvenue au cottage, Eden Lake). Confort maximum !

Son 4/5

Deux pistes en Dolby Digital 5.1, français (soyons clairs, très dispensable) et Anglais. Aussi bien naturellement qu'au casque, on est dans le sous-marin, avec les protagonistes. Poussez un peu le son, et vous nous en direz des nouvelles !

Bonus 4/5

Un seul bonus, mais de qualité. "Embarquez à bord du sous-marin avec Jude Law", document de 30 minutes, nous propopse une visite du sous-marin en compagnie de l'acteur. L'intérêt est autant culturel que cinéphilique, car nous nous rendons compte de l'énorme travail d'acteur, de préparation, effectué par un Jude Law totalement habité par la situation. On en aurait aimé plus, mais c'est déjà beaucoup.

 

Le film

Black Sea est sorti en catimini, dans le grand flot des Direct-To-Video parfois boudés par le grand public, mais aussi les cinéphiles vulgairement élitistes. Pourtant, à sa réalisation, on retrouve Kevin MacDonald,  un nom que l'on connait bien puisqu'il s'agit du metteur en scène du Dernier Roi D'Ecosse et du malheureusement méconnu L'Aigle De La Neuvième Légion. On est donc face à une oeuvre que l'on doit traiter avec le plus grand intérêt.

Lire le synopsis de Black Sea, c'est comprendre immédiatement ce qui a pu attirer Kevin MacDonald dans cette histoire. Le volet social se devait d'être fort, et nous le comprenons bien vite. Le capitaine Robinson, incarné par un Jude Law parfois un peu over the top, commence le film comme un personnage de Ken Loach. D'ailleurs, les couleurs rappellent le réalisme du réalisateur britannique, la réalisation en adopte la forme, avec des cadres très serrés, aussi bien pour préparer à l'aventure claustrophobe, mais aussi pour mieux coller aux émotions d'un personnage brisé notamment par la crise de l'emploi.

Dès lors, Black Sea n'a de cesse de voguer entre deux eaux. Celles de l'analyse sociale, par une mise en situation dans un décor très fermé (on pense fortement à Transperceneige), mais aussi une oeuvre d'action simple et efficace. Le premier film dans le film peut s'avérer un chouïa simpliste, avec un dénouement un peu étrange, d'un cynisme renvoyant, dos à dos, prolétariat et businessman. Quand au film d'action, il nous comble de bonheur, avec une forme splendide, des cadres savamment pensés pour mieux projeter cette sensation d'enfermement, de prise au piège.

Black Sea distille bien des séquences fortes, notamment cette sortie en eaux profondes, particulièrement tendue. On bascule alors quasiment dans l'horreur, sinon dans le thriller, alors que l'appât du gain devient le véritable antagoniste de l'histoire. La tuerie, que l'on sentait venir très finement, peut alors débuter, et noyer l'écran dans un océan de plans effrayants. On aura, donc, compris que ce film est un très bon spectacle, qui aurait eu sa place, largement, sur grand écran. Consolez-vous, sans hésiter, avec cette bien bonne édition DVD.

7/10