Test Blu-Ray : Les Envoûtés

Notre test Blu-Ray

Test Blu-Ray Les Envoûtés

 

 

L'histoire :

Après la mort accidentelle de sa femme à la suite d'une électrocution, Cal Jamison, un psychiatre de la police, s'installe à New York avec son fils Chris. Mais un jour, la police l'appelle afin d'enquêter sur certains meurtres particulièrement horribles : les victimes sont éventrées et dépecées selon un rituel d'Amérique Centrale qui a pour nom la santeria.

 

Le Test Blu-Ray

Image 5/5

Un nouveau master tout simplement divin. Le piqué, les noirs profonds juste ce qu'il faut, les extérieurs qui gardent cet impact, ce contraste, dû au travail de Robby Müller, le directeur photo à qui l'on doit, aussi, l'excellente lumière de Police Fédérale Los Angeles. Si vous voulez découvrir ce film, vous le ferez dans des conditions visuelles optimales.

Son 4.5/5

On a droit à deux pistes DTS-HD Master Audio 2.0, une française et une anglaise. Le doublage français est très bon, même si la piste anglaise est notre préférée, notamment pour un son moins métallique.

Bonus 3.5/5

Une présentation du film par Philippe Rouyer, critique de cinéma (dont on recommande le très bon livre Le Cinéma Gore : une esthétique du sang). Long de 25 minutes et assez complet, ce bonus replace le contexte de la sortie du film, notamment dans la carrière de son réalisateur.

 

Le film

Wild Side décide d'aborder un réalisateur à la fois énigmatique et connu de toutes et tous : John Schlesinger. Ce nom, vous le connaissez très certainement pour l'avoir croisé aux commandes de Macadam Cowboy et Marathon Man voir, pour les plus pointus, pour sa réputation de figure centrale, parmi d'autres, de la Nouvelle Vague anglaise. Ici, on le retrouve aux commandes d'un film fantastique apparemment mineur. Mais, comme souvent, les apparences sont bien trompeuses.

Les Envoûtés ambitionne d'aborder une intrigue fondamentalement humaine, dont les atours fantastiques seraient là pour mieux dire ce que les rapports humains chuchottent tout bas. On suit Jamison, incarné par un Martin Sheen impeccable de bout en bout, et dont la vie est horriblement redéfinie par la mort accidentelle de sa femme. Dans cette séquence d'ouverture, le réel est filmé comme un film d'horreur, pour mieux rendre compte du danger qui sommeil dans le quotidien le plus ennuyeux. Dès lors, Schlesinger peut dérouler un film fantastique de haut niveau, car le genre n'est jamais meilleur que quand il surgit d'une situation malheureusement quotidienne, aussi dramatique peut-elle s'avérer.

Les Envoûtés débute alors une plongée maîtrisée dans la magie noire, mais ne tombe pas totalement dedans. On n'est pas dans le vaudou très imagé de l'excellent Angel Heart, Schlesinger procède par à-coups, ose le hors-champ, et le quasi-subliminal. Il passe beaucoup de temps à construire ses personnages, leurs rapports, les enjeux enfouis dans le ressenti. Ainsi, le spectateur ressent le danger avec force, voit pointer du nez la vraie crainte. Le dernier quart du film, point culminant bien haut, achève de nous faire vaciller, notamment avec un montage qui épouse les formes de l'intrigue, gagne en nervosité.

Au final, l'on vous recommande grandement cette découverte, qui trônera aux côtés des films fantastiques fins, sans effusion de sang (même si une ou deux séquences sont assez violentes). Schlesinger, dont nous avions perdu la piste, pour tout vous dire, avec Marathon Man, s'avère être un réalisateur d'un grand intérêt. Pour tout cela, il serait dommage de passer à côté des Envoûtés...

9/10