Test Blu-Ray : Le Jeu Du Faucon

Notre test Blu-Ray

Test Blu-Ray Le Jeu Du Faucon

 

 

L'histoire :

Chris Boyce et Daulton Lee ont 23 ans en 1974, dans une Amérique que le scandale du Watergate traumatise. Amis d'enfance, ils ont choisi des voies totalement opposées : Lee est devenu un petit dealer, tandis que Chris, après avoir renoncé à la prêtrise, se consacre au dressage de son faucon. Grâce à son père, il est embauché dans une importante compagnie d'électronique, la TRW. Rapidement promu, il occupe un poste de confiance, recevant les messages codés d'un satellite espion pour le compte de la CIA. C'est ainsi qu'il prend connaissance des agissements peu glorieux de son pays. Citoyen modèle, il ne comprend pas que la CIA se permette de manipuler impunément tous les gouvernements du monde, y compris ceux de ses alliés.

 

Le Test Blu-Ray

Image 5/5

Un master d'une propreté exemplaire, à l'image de celui des Envoûtés. Peut-être un peu plus lisse sur certain instants, au détriment du grain, mais c'est très rare. Comme d'habitude chez Wild Side, la découverte se fait dans un confort maximum.

Son 4/5

Deux pistes DTS Master Audio 2.0, français et anglais. La première met trop l'accent sur les dialogues, parfois atteint d'un écho pas top. Optez plutôt pour la version originale, beaucoup plus équilibrée, d'excellente facture.

Bonus 3.5/5

Une analyse du film par Philippe Rouyer, longue de 18 minutes, prenante et bien dirigée. On apprend, notamment, qu'un désaccord entre Sclesinger et Penn a éclaté sur le tournage, à cause de la méthode de travail du comédien.

 

Le Film

Double programme Schesinger chez Wild Side ! Après le genre fantastique avec Les Envoûtés, voilà qu'avec Le Jeu Du Faucon l'on aborde un autre genre avec l'espionnage, à grosse tendance paranoïaque, type Les Trois Jours Du Condor (encore un oiseau de proie) ou... Marathon Man, le plus connu des films du réalisateur. On s'attend, donc, à une oeuvre qui aborde son sujet frontalement, en se bornant au premier degré. Mais le metteur en scène britannique est, décidément, loin d'être du genre conformiste.

Comme pour Les Envoûtés, on se rend assez vite compte que Schlesinger profite de la situation, donnée par le scénario, pour approfondir un sujet tout autre, ou en tout cas moins évident au premier abord. Le Jeu Du Faucon sort en 1985, soit bien après la vague des films d'espionnage inspirés par la guerre froide. Un peu comme le Full Metal Jacket de Kubrick, l'oeuvre en présence n'en a que faire d'être dans le mouvement, car il veut avant tout parler, et non accompagner. Ici, l'histoire de ce duo de jeunes, perdus mais pas crétins, est idéale pour une analyse forte, loin de tout cliché.

Chris (incarné par un Timothy Hutton toujours dans le ton) et Daulton (joué par le trop cabotin Sean Penn) sont, donc, deux jeunes qui ont grandit dans cette amérique en déliquescence politique. Le water gate vient de redistribuer les cartes, Nixon est remplacé par Reagan, et la guerre froide démontre toute l'infâmie de certains agissements américains. Le jeunesse n'est, cependant, pas égarée, mais beaucoup plus attentive qu'on pouvait le croire, alors que les structures de l'Etat sont encore bien fragiles. Ainsi, Chris, dit "Le Faucon", se retrouve enbauché pour un petit boulot qui n'a rien de mineur, en lien direct avec la sécurité du pays. Très remonté contre les actes crapuleux de la CIA, qu'il voit se produire chaque jour.

Schlesinger flirte avec l'espionnage, mais ne résume pas son scénario à cette seule donnée. Le réalisateur prend un malin plaisir à garder sa caméra du côté du réel, du quotidien de ce duo, plus attiré par ce qui mène à la paranoïa que par ses répercussions. Pas de séquences de fusillade, une seule poursuite en bagnole, Le Jeu Du Faucon trouve un équilibre constant et ne se lache que dans son dernier quart, quand le duo ne peut plus faire semblant d'ignorer les répercussions de leur jeu dangereux. Comme pour Marathon Man, la tension est construite, se vit dans le crescendo, aucune séquence n'est là pour jouer la surenchère. Ce qui donne un final, notamment dans sa dernière image traumatisante, purement sensationnel et plein de sens. L'Amérique et son "way of life" en prend un sacré et très juste coup.

8/10