Test Blu-Ray : Dangereuse Sous Tous Rapports

Notre test Blu-Ray

Test Blu-Ray Dangereuse Sous Tous Rapports

 

 

L'histoire :

Charles, un bourgeois bien sous tous rapports, à l'existence tranquille, voit sa vie bouleversée par l'arrivée dans sa voiture de la sexy Audrey Hankel. Tous deux s'offrent le temps d'un week-end une fugue pleine de péripéties. Cette escapade prendra toutefois une tournure dangereuse avec la rencontre de Ray Sinclair, l'ancien mari d'Audrey.

 

Le Test Blu-Ray

Image 5/5

Certainement le plus gros travail de cette vague de films eighties signée Wild Side. Pas absolument parfait, le master est cependant absolument démentiel pour toute personne ayant vu le film dans d'autres conditions. Un exemple de film trouvant une seconde jeunesse grâce à se sortie en Blu-Ray.

Son 4/5

Deux pistes DTS Master Audio 2.0, une français et une anglais. Elles sont aussi recommandables l'une que l'autre, bien équilibrées, ne donnant jamais la priorité aux dialogues ou à l'ambiance. De plus, le doublage français, d'époque, passe très bien et rappelle à que point cet exercice a perdu en qualité au fil du temps.

Bonus 3/5

Une interview intéressante de Pierre-William Glenn, grand chef opérateur ayant travaillé avec Costa-Gavras, Samuel Fuller ou encore François Truffaut. Long d'une vingtaine de minute, ce bonus est passionnant pour la mise en relief du travail de Tak Fujimoto.

 

Le Film

Wild Side, l'un des meilleurs amis du cinéphile, sort l'un des films les plus troublants des années 80. Dangereuse Sous Tout Rapports, réalisé par le futur metteur en scène du Silence Des Agneaux, a tout, au premier coup d'oeil, d'une pure comédie typée eighties. Tout, dans l'apparence en tout cas, notamment les affiches d'époque car, en grattant un peu, rien ne tourne rond dans cette oeuvre.

Il est un fait que Dangereuse Sous Tous Rapports débute comme une comédie légère, limite à la Pretty Woman (avec des gros morceaux d'irrévérence dedans), ce genre de film où les âmes se rencontrent pour, au final, se retrouver au summum de leurs capacités. Seulement, les détails s'accumulent et, quand on y regarde bien, Jonathan Demme pose les clés d'une analyse peu reluisante du rêve américain. La réussite matérialiste mène Charles (Jeff Daniel, à fond dans le rôle) à la fuite en avant, le malaise intérieur, et l'acceptation d'une fugue pourtant bien flippante. Le déclencheur, c'est Audrey (Mélanie Griffith, alors au summum de sa forme), une alcoolique, voleuse, marginale, qui va le pousser à un anticonformisme sans doute irréfléchi mais, surtout, ressenti comme salvateur. L'ennui guette la société américaine, et l'antidote est la débauche... du moins, encore une fois, en apparence.

Car, dans la vie, tout se paie. Ainsi, après cette première heure comique, légère et finalement agréable, intervient la descente, aussi violente qu'un lendemain de prise d'acides. Le virage, abrupte, se prend quand Ray (incroyable Ray Liotta !), le mari d'Audrey, sort de taule et se met en tête de récupérer sa femme. Là, on tourne parfois dans le thriller, où la menace rôde autour de ce pauvre Charles. Ce dernier est certainement le cheminement le plus intéressant du film, en tout cas c'est lui qui habite l'esprit du film, et de Demme. Sa transformation, l'abandon de l'ennui, des codes de bonne conduite bien trop envahissant, ne se fait qu'au prix d'un combat, d'une remise en cause violente. De coups dans la tronche. Ainsi, l'intervention de Ray, qui donne au film une véritable dualité, est nécessaire au réalisateur pour bien démontrer que la liberté se paie, et lourdement.

Le final de Dangereuse Sous tous Rapports se vit âprement, dramatiquement. On se prend à essayer de se souvenir du ton léger de la première moitié, en se demandant comment les choses ont pu tourner aussi mal. Politiquement incorrect, l'oeuvre est du genre à trouver un écho puissant chez le spectateur, résonnant longtemps après l'épilogue. Un grand film.

9/10