Test DVD : Kamikaze

Notre test DVD

Test DVD Kamikaze

 

 

L'histoire :

Depuis l'attaque de Pearl Harbor, la guerre fait rage dans le Pacifique entre l'armée japonaise et les troupes américaines. Face à l'avancée inexorable des forces alliées, le jeune pilote Kyuzo Miyabe est contraint de rejoindre les unités d'attaque spéciales: les Kamikazes. Leur mission: détruire la flotte ennemie, quel qu'en soit le prix. A bord de leurs redoutables Zéros, l'heure est venue de livrer l'ultime assaut...

 

Le Test DVD

Image 3/5

L'image souffre d'une définition un peu décevante, mais dans l'ensemble ça se regarde sans problème. Le gros regret se situe dans les séquences contemporaines, étrangement pâles.

Son 4/5

Deux pistes 5.1, français et japonais. Nous conseillons vivement la version originale, car la française est souvent à côté de la plaque. Mais les deux possibilités offrent un équilibre satisfaisant, sourtout pendant les scènes de combat, bien mises en valeur.

Bonus /

Aucun bonus.

 

Le film

Le réalisateur du plutôt moyen Space Battleship revient avec un film étrangement markété, et très mal reçu par les habituels donneurs de leçons occidentaux. Non, Kamikaze n'est pas un simple film de guerre, même si tout, du packaging au sous-titre, en passant par le résumé, tente de nous le faire croire. Voilà un film bien compliqué à aborder, tiré d'un livre très controversé, accusé de revisiter l'Histoire de l'impérialisme japonais. Qu'en est-il exactement dans l'oeuvre de Takashi Yamakazi ? C'est ce que nous avons voulu savoir, loin de tout préjugé dont certains se sont faits les messagers.

Kamikaze n'est pas Pearl Harbor de Michael Bay (dont le nationalisme carabiné, étrangement, n'a pas fait de vagues), il ne se concentre pas sur un triangle amoureux pour mieux exposer, et justifier, une haine ayant mené au terrorisme nucléaire. Il ne contient pas de séquence centrale, et ne se borne pas à la simple histoire au moment M. Non, Kamikaze est avant tout un film sur la filiation, la transmission de valeurs, et les différences générationnelles parfois très surfaites. S'il est clair que notre époque est plus à l'éclatement des cellules sociales (familiales, amicales et professionnelles), il est pourtant important de se frotter à une culture qui n'a pas encore oublié l'importance du patrimoine, de l'héritage.

Kamikaze ne prend aucunement la défense des idéaux impérialistes, véritable fléau qui aura poussé le Japon à ne pas se tenir à son protectionnisme national, mais à s'étendre aux pays alentours. Le scénario suit le parcours initiatique de Kentarô et Keiko, deux jeune japonais d'aujourd'hui, se mouvant et s'habillant à la mode du jour. Le décès de Kyuzo, leur grand-père, les pousse à mener l'enquête sur sa véritable personnalité, qui s'avérera beaucoup moins stéréotypée que ce que ses anciens compagnons de guerre peuvent laisser entendre. Kyuzo aurait été un lâche, un traitre, car ne voulant pas se joindre à l'esprit de sacrifice catastrophique qui habitait l'armée impériale nippone. Il préférait, au coeur des batailles, fuire le combat plutôt que "tomber avec honneur". Toute l'enquête démontrera aux deux jeunes que les clichés, qui font du japonais un soldat sans coeur, une sorte d'exception dans l'humanité, sont bien loin d'être justes. Les idées reçues, ça ne marche pas dans un seul sens.

On le voit, Kamikaze est donc loin de justifier les actes odieux de l'empire nippon. Seulement, en termes cinématographiques, le film de Takashi Yamakazi n'est pas spécialement à la hauteur de sa louable volonté. Tout d'abord, le ton est étrangement fade, à l'exception de quelques séquences qui, du coup, ressortent trop du lot. On pense notamment à la première vraie riposte américaine, qui vient terrasser l'angélisme de certains soldats beaucoup trop promptes à oublier qu'ils ne prenaient pas les bonnes décision. La violence leur explose, alors, à la tronche, et se charge d'éclater leur corps. c'est violent comme une prise de conscience, plutôt bien rendu formellement, mais beaucoup trop rare pour véritablement faire mouche.  Le reste du temps, on navigue entre une "gnangnantitude" pas désagréable mais, malheureusement, très peu occidentale (le film fut un énorme carton au Japon avant tout parce que le ton leur convient très bien), et des séquences de combat tout juste spectaculaires.

L'image finale de Kamikaze semble avoir créé le malaise chez certains spectateurs occidentaux. Nous ne comprenons pas spécialement ce sentiment, certainement poussé par une méfiance de tout ce qui vient du Soleil Levant. Kyuzo apparaît à ses petit-enfants, dans une image totalement folle, à la limite du mauvais goût. Dans son Zéro (avion mythique des kamikazes), le grand-père salue la nouvelle génération, dans ce qui n'est nul autre qu'un rappel d'un héros s'étant battu, tout du long, contre l'idéologie impériale et la justification absurde du sacrifice. Dès lors, affirmer que cet instant, certes pas spécialement bien pensé artistiquement, va à l'encontre de ce que raconte le film, est assez incompréhensible. Kamikaze, s'il ne restera pas vraiment dans nos mémoires, réussit à aborder un sujet sensible, sans vraiment le transcander artistiquement, mais avec assez de courage pour ne pas surfer sur les stéréotypes habituels. En cela, le film vaut la peine d'être vu.

Petite précision culturelle. Un kamikaze est un soldat de l'aviation qui s'explose sur des moyens militaires ennemis. Et certainement pas contre des civils. Arrêtons, donc, d'utiliser ce mot pour qualifier les terroristes qui, eux, visent les populations civils. Une mise au point qui se doit d'être fait, en ces temps troublés.

6/10