Test Blu-Ray : Body Double

Notre test Blu-Ray

Test Blu-Ray Body Double

 

 

L'histoire :

Jack, jeune comédien au chomage souffrant de claustrophobie, occupe pendant quelque temps l'appartement d'un ami. Profitant de la vue panoramique, il observe sa charmante voisine, Gloria, dont il ne tarde pas à devenir fou amoureux. A force de l'épier, il assiste un jour à l'assassinat de la jeune femme...

 

Le Test Blu-Ray

Image 4.5/5

Piqué, profondeur des noirs, contraste, tout est parfait. Quelques plans sont, cependant, un peu problématiques niveau grain. Rien de gênant cependant, et nous n'avons pas connaissance de meilleur master pour ce chef-d'oeuvre.

Son 5/5

En français, un DTS Master 1.0 qui assure le coup, sans décevoir sur quoi que ce soit. Mais le vrai tour de force se situe dans la version originale, DTS Master-HD 5.1 ou 2.0. Là, on est dans le top du top, aucun bruit de fond, équilibrage parfait, plaisir maximum.

Bonus 5/5

Une très bonne préface de Samuel Blumenfeld, journaliste au Monde, que l'on peut choisir de voir avant le film sans avoir peur de se faire spoiler. Un documentaire , "Pure Cinéma : Joe Napolitano à propos de Body Double", long d'une quarantaine de minutes, et qui a le bon goût de donner la parole à l'assistant-réalisateur du film. Il n'y a pas meilleur poste pour raconter, d'un point de vue global, l'aventure d'un tournage, et ce programme le confirme : c'est passionnant. On dénombre aussi quatre featurette ("La séduction", "La mise en scène", "Le mystère", "La polémique"), soit quasiment une heure d'images passionnantes. Ces bonus sont disponibles dans les éditions simples, et s'ajoute au coffret ultra collector (numéroté à 3000 exemplaires) un livre magnifique, "Double De Palma", de 200 pages, revenant en profondeur sur tout ce qui touche au film. Ce livre de Susan Dworkin, pour la première fois traduit en français, regorge d'anecdotes croustillantes, un vrai plaisir à parcourir de bout en bout, et accompagné de 50 photos inédites. Un must.

 

Le Film

Body Double, s'il n'est pas le meilleur film de la filmo de l'immense Brian De Palma (on place Blow Out et Pulsions devant), n'en est pas moins son point culminant. Film somme de toute la partie hitchcockienne de l'oeuvre du réalisateur, Body Double multiplie les sujets en ne perdant jamais de vue son scénario.

Clairement film dans le film, Body Double, comme tous les grands films, ne peut s'empêcher de donner à la fois une vision du monde, ici très architecturale, mais aussi une vision du septième art. De Palma se met en danger, aborde une ville, Los Angeles, qu'il ne connaît pas et n'apprécie que très modérément, et ce constat se retrouve tout du long. Sa vision de son art, en sous-texte, est crûe et franche, pointe du doigt l'élitisme. Jake Scully, incarné par le très eighties Craig Wasson, navigue dans un milieu peu enviable. Acteur sans génie, il vogue de castings ratés en désillusions, provoquant des rencontres qui, du point de vue de l'auteur, veulent tout dire. Producteurs bidons, comédiens illusionnés et, au bout du compte, le porno. Si l'ambiance du film fait très léger, intentionnellement un peu kitsch, la vision de De Palma est d'un nihilisme étonnant, mais à la mode De Palma : aec un sourire en coin.

Cependant, l'amour du cinéma traverse Body Double, avec un génie certain. De Palma est un maître absolu, et le démontre avec une maîtrise peu commune. Evidemment, on pense au plan-séquence dans l'apartement prêté à Jake Scully, plan rentré au panthéon du cinéma. Mais d'autres scènes sidèrent totalement, par une mise en scène invraisemblablement géniale. La filature au centre commerciale, où chaque plan est à étudier, précis comme une horloge. Et la séquence de la perceuse, où la maîtrise du symbolisme explose à un point rarement vu.

Il y a tant à dire sur ce Body Double, qu'on ne va pas non plus mâcher le travail de celles et ceux qui veulent le découvrir via cette sublime édition signée Carlotta. Comme nous envions le public qui découvrira ce joyaux avec ce très bon travail...

9.5/10