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Capitalism : A Love Story : Gros plan
 

 

 

Capitalism : A Love Story

 

Le Résumé:

Michael Moore s'attaque à la crise financière et prend d'assaut Wall Street, en dénonçant "la plus grande escroquerie de l'histoire américaine".


La Critique d'Antoine :

Capitalism: A love story: Sous ce titre ironique voir plutôt satirique, Michael Moore signe l’un des ses meilleurs films. D’emblée le spectateur rentre dans le vif du sujet avec un analogisme entre la chute de l’empire romain et la supposée et attendue chute de la domination des Etats-Unis. Le parallélisme entre les deux sociétés s’opère progressivement, subtilement au départ, flagrant à la fin. Nous pouvons ainsi assister à la décadence d’un empire et les tactiques employées pour contrôler la population notamment par l’intermédiaire des jeux, de la peur et de la violence ou dans notre société contemporaine par l’intermédiaire du sport, du terrorisme et de la guerre (voir du K1). Vous l’aurez compris, les deux premières minutes du film vous mettent dans l’ambiance : ce film sera une critique de la société américaine, une fois n’est pas coutume pour le réalisateur, et du capitalisme.

Or ce qui peut paraître évident aux premiers abords, ne l’est pas toujours quand nous y regardons de plus près. Capitalism : A love story n’est pas une critique du capitalisme en tant que tel mais plutôt une critique du manque d’éthique du capitalisme dans lequel nous évoluons. Michael Moore, lui-même, se pose la question en se demandant qu’est ce que le capitalisme ? l’entreprise libre ! Qu’est ce que l’entreprise libre ? C’est par ce manque de définition que le spectateur comprend que finalement le réalisateur se cherche et ne critique pas directement le capitalisme, mais plutôt l’utilisation qui en est faite.

Qu’est ce donc que le manque d’éthique dans notre société contemporaine ? C’est par exemple quand des sociétés souscrivent des assurances vie sur leurs salariés (avec un profit de 81 000 dollars pour la mort d’une salariée), sans leur accord préalable, et sans indemniser ne serait ce d’un centime la famille de la victime (« Coût du décès » avec les frais d’hospitalisation et d’enterrement : 100 000 dollars, et encore je vous passe les entreprises qui comptabilisent ces décès comme des objectifs à atteindre, ah ! non finalement je n’ai pas pu l’omettre). Précisons aussi que ces contrats d’assurance sont appelés « dead peasants » que je traduirai par « les pions morts » !!! Sommes-nous des pièces d’échec qu’on peut sacrifier ? C’est aussi quand des pilotes de ligne sont obligés de cumuler plusieurs emplois pour faire face aux réductions des frais de personnel. C’est quand des banques encouragent des citoyens à s’endetter : « Votre maison est une banque, endettez vous en l’hypothéquant »), saisissent leur maison, désertifient des villes entières, et n’arrivent même pas à vendre ses maisons. Tout le monde est perdant, oui ! presque ! Mais il reste quand même les vautours prêts à ronger les carcasses mortes.

Le manque d’éthique ou le plutôt le dédain le plus complet (car que le lecteur soit averti et s’accroche bien fort, nous allons passer à la vitesse supérieure) quand l’une des plus grandes banques du monde écrit à ses meilleurs clients en décrivant le monde comme une plutonomie ! Si vous ne connaissez pas ce mot, c’est normal il a été inventé par les analystes de cette banque pour décrire que 1 % de la population mondiale détient plus de 95% des richesses et que les 99 % restant sont de simple spectateurs sans réel intérêt… ! Et le mémo précise aussi que le seul risque pour ce super pouvoir, qui a aujourd’hui maté tous les états, est le fait que chaque personne riche, comme pauvre possède le même droit de vote (c’est vrai que ça dérange tout de même) et donc qu’ils (les plutonomiens) peuvent être renversés par une révolution des moins que rien (apparemment je suis dans la cible, et vous ?). Je ne sais plus qui peut être qualifié de « pauvre » dans toute cette histoire.


Un autre point soulevé par le film est le lien de plus en plus étroit entre le secteur public et privé. Les dérives du capitalisme effréné se mélangent peu à peu avec la soumission étatique. Ainsi nous pouvons découvrir que ceux qui prônaient la libéralisation des marchés financiers sont les premiers à se retourner vers l’état pour sauver le système, tout en empochant des millions quoi qu’il arrive. C’est ce que j’appelle de la bonne couverture des risques financiers, malheureusement au frais des contribuables qui n’avaient pas demandé grand chose. Donc outre la critique d’un méchant capitaliste prônant le libéralisme, le film est plus une critique d’un étatisme devenu trop influent d’un côté et trop affaibli d’un autre pour mener à bien sa mission originelle : l’intérêt général.

En effet Michael Moore est même amené à faire l’éloge du capitalisme quand il décrit l’expérience singulière d’une petite entreprise industrielle américaine. Dans cet exemple tous les salariés détiennent une part du capital de l’entreprise et les décisions sont prises démocratiquement. Les fous, me diriez vous, n’empêche que ces employés travaillant dans une usine de production à la chaîne sont payés 60 000 dollars par an (soit trois fois plus que certains pilotes de ligne dont je parlais plus haut). A voir maintenant la pérennité de cette entreprise, mais je suis prêt à prendre les paris.

Capitalism : a love story utilise tous les thèmes chers à Michael Moore : un reportage riche en idées, fortement orienté, mais laissant place à la réflexion, des juxtapositions de références historiques, d’interviews et d’actions animées par une forte dose de culot. Ce film a le mérite de poser énormément de questions quand aux actions que nous désirons entreprendre dans le futur. Souhaitons nous devenir des acteurs du changement ou juste de simples spectateurs d’une plutonomie ? Michael Moore lance d’ailleurs, à la fin du film, un appel à tous ceux qui désirent l’aider dans son combat.

 

 

Les vidéos:

La bande-annonce:

Youtube: http://www.youtube.com/watch?v=zHuN4YfPs00
Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/waytoblue/video/xamtrx_capitalism-a-love-story-bandeannonc_shortfilms

ainsi que deux extraits vidéo:

http://www.dailymotion.com/video/xav543_capitalism-a-love-story-extrait-vau_shortfilms

http://www.dailymotion.com/video/xav53e_capitalism-a-love-story-extrait-exp_shortfilms