Test Blu-Ray La Théorie Des Dominos

Notre test Blu-Ray

Test Blu-Ray La Théorie Des Dominos

 

 

L'histoire:

Roy Tucker (Gene Hackman) est un homme brisé. Vétéran du Viêt-Nam ou il a acquis une adresse incroyable au tir, il a tout perdu de retour à la vie civile, en tuant le mari violent d’Ellie (Candice Bergen), la femme qu’il aime. Résigné à passer sa vie en prison, la chance semble enfin lui sourire quand un mystérieux représentant du gouvernement (Richard Widmark) lui offre la liberté en échange d’une unique mission, de sa totale collaboration et de son silence absolu. Il embarque pour l’Amérique du Sud avec pour consigne de tuer une figure politique importante. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévues pour le mercenaire, qui va se retrouver au coeur d’une conspiration tentaculaire.

Le Test Blu-Ray

Image 4/5

Un master HD fin, peut-être même un peu trop sur certains plans où le grain semble en prendre pour son grade. Mais la qualité générale est au rendez-vous : on est là face à la meilleure version du film, sans aucune contestation possible.

Son 4/5

Les deux pistes sont DTS HD Master Audio Dual Mono 2.0. Pas de mauvaise surprise à signaler, pas de souffle qui pourrait gêner l'écoute. La piste française semble néanmoins un tout petit cran en-dessous. Signalons quelques très courts passages en VOSTFR obligatoire, car issus d'une version complète, et les doublages en sont absents.

Bonus 3/5

Une présentation par le toujours sémillant Jean-Pierre Dionnet, dix minutes qu'il gère comme à son habitude : pleines d'anecdotes précieuses. Des trailers pour d'autres films de la collection Master Class de chez Elephant Films, eux aussi présentés notamment par Dionnet. L'éternelle gallerie d'images, accompagnée de la bande annonce, vient cmpléter un tableau minimaliste mais suffisant pour bien aborder le film.

Le film

La Théorie des Dominos s'inscrit dans la liste de ces thrillers politico-paranoïaque des années 70, qui nous ont donné nombre de grands films. On pense notamment à Conversation Secrète, Les Hommes Du Président, Les Trois Jours Du Condor, ou encore l'excellent Klute. Complots, manipulations politique, place de l'Homme dans l'époque, les sujets sont forts et, en général, très accrocheurs auprès d'un public en demande de sensations fortes.

Dans La Théorie Des Dominos, dernier film réalisé par un Stanley Kramer pourtant spécialiste des comédies légères, l'approche se fait de deux fronts : le Viêt Nam et Kennedy. D'ailleurs, la fameuse théorie existe bel et bien, et prend racine en 1954, alors que le président américain Eisenhower prédisait la chute des pays asiatiques dans le communisme si... le Viêt Nam succombait à ce courant politique. La guerre, des années plus tard, fut d'ailleurs basée sur cette peur de l'effet domino. Roy Tucker est un ancien de la guerre du Viêt Nam, et l'on sait ce qui a pu se dire sur le retour des soldats ayant participé à cette bien triste guerre. Emprisonné et bourru, le personnage est contacté par une organisation aussi étrange que bizarrement imprudente, sûre d'elle-même. C'est ce qui met la puce à l'oreille, tout se passe relativement bien, et vite.

Seulement, les choses vont peu à peu dérailler, et Stanley Kramer maîtrise son rythme de manière tout à fait surprenante. Il n'abuse pas des effets dramatiques, et laisse autant son personnage que son spectateur être victime d'un engrenage curieusement huilé... comme un soldat ne pouvant faire machine arrière sur le terrain. A tel point que certaines réactions de Roy Tucker peuvent faire tiquer lors d'un premier visionnage. D'ailleurs, Gene Hackman apporte tout ce qui fait de lui un immense acteur, est principalement utilisé ici pour son image de dur à cuir, afin de mieux la retourner contre lui. L'Homme est broyé par la fatalité, le pouvoir supérieur de ceux qui prennent les décisions. Le reste du casting est globalement aussi satisfaisant, Elli Wallach cabotine un peu moins qu'a sa (bonne) habitude, Richard Widmark est inquiétant comme pas possible, Mickey Rooney apporte une bonhommie qui deviendra tragique, et Edward Albert est glaçant en technocrate génial mais hautain. Sans oublier Candice Bergen, une fois de plus parfaite, ici dans un rôle pourtant difficile : celui de l'impossible amour, au milieu d'une trame que l'on sait inévitablement fatale.

On l'aura compris, La Théorie Des Dominos s'appuie sur le sentiment post-Viêt Nam, mais aussi sur un autre événement de l'histoire américaine : l'assassinat de Kennedy. S'il n'est pas montré en tant que tel dans le film, on comprend que Stanley Kramer aborde le sujet par image. Ici, la théorie est intéressante, ou plutôt nous intéresse au-delà de son hypothétique faisabilité. Tout se tient très bien, et l'effet sur le spectateur prend petit à petit, le suspens et la paranoïa s'entremêlant avec soin. On regrette simplement cette parenthèse peut-être un peu longue, où Roy Tucker et sa femme se retrouvent au Brésil. Si l'on comprend que cet instant, pas vraiment suspendu, est fait pour construire un drame futur, inévitable, le rythme en pâtit légèrement par la durée un peu trop poussée de ce moment. Mais, mis à part cette parenthèse pourtant nécessaire au propos du film, La Théorie Des Dominos réussit à s'imiscer dans la liste de ces thriller politico-paranoïaque de qualité. Attention, "ils" vous surveillent...