Contagion : Steven Soderbergh nous donne un cours de cinéma

Contagion

Après la projection de Contagion lors de sa première française à Paris, le réalisateur Steven Soderbregh s'est livré à un exercice périlleux à travers une master class de quelques dizaines de minutes. Au menu : approche scénarisitique du film, mise en place des plans et difficultés du montage, réalisme de certaines scènes d'autopsie. Le réalisateur nous livre tous les secrets du film.

Aussitôt le film terminé, le réalisateur nous a rejoins et a pris place en face d'un journaliste. Les questions auront pour la plupart été posées par ce journaliste, qui avait un peu oublié les 400 spectateurs de la salle et qui se fera rappeler à l'ordre. Voici un petit florilège de cette masterclass qui aura tourné essentiellement sur le film de la soirée : Contagion.

L'idée du film ne viens pas de lui mais lui a été proposée. Concernant l'infection, les scénaristes ont été assistés des organismes de la Santé qui ont émis l'hypothèse probable qu'une nouvelle épidémie pourrait prendre origine en Asie, dans un milieu humide. Soderbergh a volontairement réalisé un film plus intimiste, vous ne verrez donc que très rarement plusieurs personnages à l'écran, pas plus de 2/3, comme une séquence au CDC. Un choix assumé qui invite le spectateur a prendre part au récit.

Très réaliste et visuel, le réalisateur, très fort dans le jeu des images, use de détails, de zooms sur certains objets, attitudes. Nous sommes en présence d'un virus qui se transmet par le toucher. Le climat de Paranoïa en est d'autant plus accentué. Soderbergh nous livrera d'ailleurs une anecdote suite à l'une des séquences du film où un chauffeur de camion se voit éjecter de son véhicule par des forcenés. Il y a 2 mois à Los Angeles, un DJ avait invité des fans sur facebook à le rejoindre dans un endroit public pour un concert sauvage. Ceci n'était pas du goût des autorités, qui ont interdit au dj de se produire. Les fans présents sur place s'en sont pris à la voiture de police et y ont mis le feu. Imaginez donc un Monde où l'on vous apprend qu'un virus mortel décime la population.

Soderbergh espère qu'on se souviendra de son film et qu'il pourra peux être aider l'audience à savoir comment réagir dans une telle crise. En effet Pompiers, policiers sont préparés à ce genre d'éventualité à force de s'entrainer sans cesse et sans cesse et savent garder leur sang-froid contrairement au grand public.

Une question au niveau de son montage lui a été posée. Steven Soderbergh a dévoilé que ce film avait été l'un des plus durs à monter, qu'ils avaient du procéder à de nombreuses coupes, le film étant trop lent et que la version présentée était la 23 ème version du film.

18 mois de recherches ont été nécessaires, conjointement avec le CDC américain et les organismes de la Santé. Soderbergh a volontairement evincé certains pays, ne voulant pas faire comme dans les autres productions du genre un medlay des grandes villes du Monde.

Terminons par une séquence impressionnante, celle de l'autopsie d'une des actrices du film. En effet Soderbergh était assisté d'un vrai médecin légiste et lui a demandé ce qu'il ferait devant un cadavre de la sorte. Lui scalper la tête et relever le morceau de peau sur le visage du cadavre. Soderbergh a alors demande au chef accessoiriste ( le prop master) de découper un morceau d'un des faux cadavres qui parsemaient la pièce. L'actrice s'est prêté au jeu en se faisant maquiller et affublée de cette fausse peau. Elle a été jusqu'à demander comment elle devait interpréter cette morte. Pour la petite histoire Soderbergh a demandé a quoi ressemblait l'interieur de cette fameuse peau de crane, ce à quoi l'accessoiriste lui a répondu : A de la pizza sans fromage. Rires dans l'audience.

Nicolas Lepretre

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