L'ordre et la morale : Kassovitz défend les Kanaks contre l'armée

L'Ordre et la morale

Interrogé lundi par RTL à l'occasion de la sortie ce mercredi de son film L'Ordre et la morale, le réalisateur et acteur Mathieu Kassovitz a vigoureusement défendu la mémoire des Kanaks, auteurs de la prise d'otages relatée dans son long-métrage. En 1988, 30 gendarmes étaient en effet capturés par des indépendantistes calédoniens sur l'île d'Ouvéa. Le GIGN et l'armée devaient être mobilisés pour leur libération. Mathieu Kassovitz a redit lors de son passage sur RTL son désir de montrer les kanaks comme des paysans en lutte pour la sauvegarde de leur culture et non comme des terroristes.

Pour le réalisateur des Rivières Pourpres, cette façon de présenter les autochtones par l'Etat français, en plein ébullition liée à l'entre deux tours de l'élection présidentielle opposant Jacques Chirac à François Mitterrand, ne visait qu'à justifier l'usage de l'armée dans une opération dont le commandement aurait du revenir exclusivement au GIGN, car elle concernait avant tout les gendarmes. En effet, l'opération de secours qui a donné lieu au carnage que relate le film L'Ordre et la morale a été, de l'aveu même de Mathieu Kassovitz, la seule mise sur pied depuis la fin de la seconde guerre mondiale jusqu'à ce jour dans le cadre du règlement d'une question de politique intérieure.

Défendant ainsi les Kanaks contre l'armée française, le réalisateur a mis en avant la portée politique de son propos cinématographique. Le film sort mercredi dans nos salles, avec Philippe Torreton, Daniel Martin, Sylvie Testud, Patrick Fierry.

Sébastien Nuttin

Ils jouent dans L'Ordre et la morale L'Ordre et la morale

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