Snowpiercer, le transperceneige: Un film d'une rare intensité et intelligence. Un vrai coup de coeur

Snowpiercer, Le transperceneige arrive dans nos salles demain est adapté de la BD du même nom. Le film est un exemple parfait d'entente internationale et surtout marque les esprits. La Rédaction est tombée sous le charme, retrouvez les avis de Nicolas Leprêtre et Coralie Ls.

Nicolas Leprêtre:

D'une rare intensité et intelligence Snowpiercer est le film de sf que l'on attendait plus.

Surprenant, violent, épique, émouvant, un huis clos fou et mouvant dans un monde glacé, résultante de l'arrogance et la bêtise humaine.
Un film futuriste grandiose, d'une originalité folle et mis en scène à la perfection par un Bong Joon Ho inspiré qui livre ici son meilleur.

Snowpiercer vous enferme dans son train et vous invite à un voyage dont vous vous souviendrez longtemps. Surprise de tous les instants, la découverte des wagons, des univers est indescriptible.
Ce train a un charme fou. Le décor est superbe et c'est tant mieux. Une vraie ville intérieur avec ses règles, ses castes : visuellement incroyable.

On est admiratif de l'aisance avec laquelle Bong Joon Ho arrive à passer par toutes les émotions du spectateur et à nous offrir des moments de Grace et à sombrer juste après dans la violence la plus totale. Un vrai chef d’orchestre.

Chris Evans change de registre mais crève littéralement l'écran, une vraie performance d'acteur à tel point qu'on a du mal à le reconnaître dans les premières minutes du film. Mais ce n'est pas le seul passager du train et on retiendra de nombreux seconds rôles et personnages qui ajoutent chacun leur pierre à cet édifice.

La bo est bien ancrée et passe elle aussi par différents stades, le parfait accompagnement.

Le transperceneige marquera les esprits et le film de genre. Il y avait un avant et un après qu'on se le dise. Ne ratez pas le train.

Coralie Ls:

La bande-­annonce de Snowpiercer faisait frémir, annonçait ce qui pouvait devenir un de ces rares films parlant avec intelligence et originalité du futur, sans que nous osions vraiment croire au chef-d’œuvre. Le début du film, avec ses cartons d’explication déjà-vus et déjà détestés, peut, il faut l’avouer, un peu effrayer.

Et puis, la seconde d’après, nous nous retrouvons dans ce Transperceneige lancé à pleine vitesse qui balaye tous nos doutes et préjugés. À première vue, Snowpiercer est presque un film en noir et blanc : il y a la crasse des passagers de l’arrière, leurs vêtements sombres, leurs visages creusés, leurs regards ténébreux, et dehors, une aveuglante luminosité, un monde recouvert de glace et de neige, interdisant toute forme de vie. Au regard de cette bichromie, une situation assez banale nous est présentée : les pauvres à la queue du train, les riches à l’avant, abusant de leur pouvoir.

L’art de Bong Joon Ho est sans doute de nuancer peu à peu cette opposition au cours de la remontée du train par une poignée de rebelles menés par un Chris Evans aux antipodes - physiques, du moins - de son personnage de parfait Captain America. Les protagonistes sont en effet tous sculptés avec délicatesse et précision, leur progression est impitoyable, mais jamais la caméra ne se complait dans un bain de sang et d’horreur. La dimension épique s’équilibre quant à elle avec un étonnant réalisme souligné par le casting international : pour une fois, il n’y a pas que les Américains qui survivent.

L’inexorabilité de la situation des passagers du train nous prend aux tripes et nous déroute: Snowpiercer n’est pas un film futuriste où la fin du monde est finalement évitée par une pirouette scénaristique improbable ; non, c’est un discours social, politique et environnemental qui ne peut que nous inciter à nous interroger sur le rôle que nous aurions joué dans ce train et à nous demander si nous aurions été emportés par la haine ou la propagande, la résignation ou la rébellion, l’égoïsme ou le sacrifice.

Pourtant, la prétention n’est pas au rendez-vous, gommée par une ironie cinglante et un sarcasme non déguisé qui permettent d’éviter la dépression. Il nous reste en revanche un goût étrange en sortant de la salle : la vie ne serait-­elle pas qu’un cercle, qu’un éternel recommencement ? Non, ce n’est pas du Nietzche, c’est du Bong Joon Ho...

Nicolas Lepretre

Ils jouent dans Snowpiercer, Le Transperceneige Snowpiercer, Le Transperceneige

Commentaires

Pseudo

Actualités à propos de Snowpiercer, Le Transperceneige