Retour sur la rencontre avec l'équipe de Jack et La Mécanique du Coeur

Mercredi soir, Ciné+ organisait en partenariat avec EuropaCorp, une avant-première exceptionnelle de Jack et la Mécanique du Coeur, suivi d'une rencontre avec une partie de l'équipe du film.

 

Le rendez-vous était donné, nous étions donc attendus dès 19H30 dans les locaux de Canal+ .

20h, tous les invités ont répondu présents puisqu'une salle complète est sur le point de découvrir ou de redécouvrir ce film d'animation.

 

Une heure trente-quatre plus tard, après s'être laissé transporter dans cet incroyable univers, la chanteuse (et actrice) Olivia Ruiz, le coréalisateur Stéphane Berla et la productrice Virginie Besson-Silla arrive sous une pluie d'applaudissements.

La foule qui était déjà enthousiaste au vu des protagonistes déjà présents, le fut davantage quand le journaliste de Ciné +, Jean-Luc Brunet annonce une surprise de dernière minute, la présence du réalisateur et écrivain du livre du même nom, Mathias Malzieu qui a pu se libérer pour répondre aux questions du public.

Pendant environ une heure, l'équipe s'est prêtée au jeu des questions-réponses avec passion et dans une ambiance bon enfant.

 

Voici un petit résumé de ce qui a été dis lors de la rencontre :

 

Comme beaucoup l'on fait remarquer, l'histoire n'est pas identique à celle que l'on peut découvrir dans le livre éponyme. Mathias a tout d'abord expliqué qu'il ne pouvait pas garder toutes les scènes puisque le première scène à scène du livre qu'il a fait dure plus de 5 heures. Conseillés et épaulés par les producteurs sur le film, Luc Besson et Virginie Besson-Silly, ont été d'un précieux soutien pour ce projet qui n'a pas été tous les jours facile. Mathias Malzieu nous a fait part de la remarque que Luc Besson lui a faite: Contrairement au livre qui fait développer automatiquement l'imagination du lecteur, dans le film l'important est savoir garder le spectateur en haleine. Il était donc important de hiérarchiser les scènes les plus importantes et de définir les objectifs. Le plus important ici était l'histoire d'amour, ils se sont donc concentré sur Jack et Miss Acacia et sur les 3 lois que le personnage principal doit respecter.

 

Pour info : le projet a duré 6 ans, ce qui est notamment du au nombre d'étapes qu'il fallut réaliser entre l' écriture du scénario, les dessins et trouver un studio qui allait faire l'animation.

 

On peut également y voir une sorte d'hommage à Georges Méliès car à travers ce grand personnage, Mathias fait comme une déclaration d'amour au cinéma que Méliès a pu inventer à sa façon (même si ce sont les frères Lumières qui sont les réels inventeurs). Georges Méliès est ainsi amené un peu comme le père spirituel de Jack car les deux personnages s'identifient l'un à l'un.

 

Mathias voulait également une fin plus ouverte que la fin que l'on peut découvrir dans le livre, qui était pour lui la meilleure façon de terminer ce projet.

Un autre point a été souligné par les spectateurs, l'adaptation semble  ouverte à un public plus large par rapport à l'histoire du livre qui est beaucoup adulte.

Mathias a expliqué qu'au départ le film n'a pas été crée pour les enfants, leur public de base que ce soit en chansons ou pour ces livres se situe à partir du collège. Comme le film est en animation, le public le cerne comme tout public, l'ensemble de l'équipe a donc décidé de faire quelques concessions telles que la disparition du nom du hamster (Cunnilingus) ou encore le retrait d'un mot  vulgaire dans l'une des chansons (le Fuck you dans King of the ghost train) mais ce que Mathias ne voulait pas perdre en développant le film, c'était l'ambiance qui se dégage du livre. Il ne voulait pas choquer le public mais il ne voulait pas non plus mentir aux enfants car comme il l'indique, une bonne histoire pour enfants doit avant tout plaire aux adultes car pour lui, on ne doit pas cacher cette réalité et se créer ainsi un monde d'utopies.

 

Côté équipe du film, alors que le livre a été écrit par Mathias Malzieu, la réalisation a été partagé avec Stéphane Berla, que Mathias avait rencontré lors de la réalisation du clip Neige. Cette collaboration a été comme une évidence au vu de l'émotion ressentie durant le clip.

Concernant le travail des voix, Olivia Ruiz nous a révélé qu'elle ne s'est pas fait d'une façon atypique, tous les doubleurs ont travaillé sur des pré-images donc les visages des personnages n'existaient pas. Les bouches des doubleurs ont été filmé pour ainsi les utiliser sur le film. Comme Olivia le dit, l'expérience est unique et ayant déjà doubler d'autres projets, elle nous a confié qu'il était plus amusant et plus facile de travailler de cette façon.

La voix d'Alain Bashung a également été conservé par rapport au CD éponyme sortie en 2007 dans lequel il y interprète une chanson. La décision de l'intégrer a été une évidence malgré une légère hésitation vis-à-vis d'une question technique.

Concernant les graphismes et dessins, l'ambiance du film est plutôt stylée punk et fortement influencé par l'univers de Benjamin Lacombe (qui travaille souvent avec le groupe et également avec Olivia Ruiz) et celui de Nicoletta Ceccoli. Mathias a insisté sur le fait que le travail de Benjamin et ceux de Nicoletta ont un travail assez proche et ont surtout la même mouvance pop-surréaliste. Il faut savoir que c'est Nicoletta Ceccoli qui est choisie et donc devenue la dépositaire du graphisme car son univers dégage une touche plus féminine qui convenait parfaitement à l'univers du livre.

L'influence de Burton se fait également ressentir mais comme le dit Mathias, il ne faut pas s'arrêter à cela. Mathias est un grand fan de Tim Burton mais n'a pas voulu imiter son travail mais plutôt l'utiliser comme un élan. La grande différence avec l'univers Burtonnien c'est l'humour macabre qui n'est pas utilisé dans Jack et la Mécanique du Coeur.

 

Au vu des progrès techniques, on aurait pu imaginer ce film d'animation en 3D, mais comme Mathias l'a indiqué, il n'a jamais été question de 3D, cela était seulement évoqué pendant l'espace d'un instant mais vite oublié. Il a précisé que la 3D aurait peut-être apporté un peu plus de poésie sur certains passages (plan sur le coeur mécanique par exemple) mais aucun regret car le travail aurait été différent et peut-être plus problématique sur certains passages.

Virginie Besson-Silly a aussi indiqué qu'il essayait de vendre le projet à l'international pour cela, ils ont fait appel à des doubleurs Anglais, habitué à la comédie musicale telle que Samantha Barks vu dans le rôle de Eponine dans le film "Les Misérables" de Tom Hopper. Et ils espèrent vraiment faire connaitre Jack et La Mécanique du Coeur lors du Festival de Berlin où il sera présenté.

 

A travers, des réponses passionnées et passionnantes, nous sortons de cet échange enrichi, on ne peut que saluer la bonne humeur de cette équipe, qui a su nous offrir une expérience unique et nous prouve une nouvelle fois qu'en France aussi, nous avons des talents et Jack et la Mécanique du Coeur en est la preuve.

 

Nous remercions l'équipe de Ciné+ de nous avoir invité à cette soirée vraiment intéressante et fascinante de  par cette rencontre.

 

Nous vous partagerons prochainement la vidéo de cette rencontre qui a été filmé par l'équipe de Ciné+ afin de vivre cette rencontre comme-ci vous y étiez.

 

Découvrez nos Avis sur Jack et la Mécanique du Coeur.

 

Mon avis :

 

Peut-être connaissez-vous déjà ce titre "Jack et La Mécanique du Coeur" ? Il vous parle peut-être car vous avez déjà lu le livre de Mathias Malzieu ou que vous avez déjà entendu l'album du même titre sortie en 2007 par le groupe Dionysos. En tout cas, cette fois-ci, Jack et La Mécanique du Coeur revient sur grand écran. Issu de la collaboration entre Mathias Malzieu et Stéphane Berla, ce film d'animation s'annonce au vue de la bande-annonce assez différent des films d'animation classiques que l'on peut retrouver chez Disney ou Dreamworks. Une certaine ambiance se fait ressentir et invite le spectateur à suivre le rêve incongru d'un jeune garçon que la vie n'a pas épargné.

 

Epaulé par un casting et une équipe très soudé, Mathias et Stéphane nous offre leur premier-long métrage adapté du livre éponyme de Mathias, le défi était de taille. Jack et la Mécanique du Coeur nous fait dès les premières minutes frissonner au son de cette bande-originale qui ne mâche pas ces mots et qui apporte un réel complément aux images qui défilent sous nos yeux. Le coeur qui fait boum boum boum ou plutôt tic tac au rythme des péripéties de notre jeune Jack et de son incroyable voyage pour retrouver l'amour de sa vie, dans lequel il y fera  quelques rencontres notamment avec un homme de génie qui est Georges Méliès. L'émotion sera donc au rendez-vous tout au long de ce long métrage qui ne nous laissera pas de marbre bien au contraire.

Des scènes assez rythmées et entrainantes seront remarquables notamment une en particulier la scène dans le Train Fantôme. Côté décors, on y découvrira un univers très détaillé et qui fera assez vite penser à l'Univers de Burton ou encore celui crée dans les livres de Benjamin Lacombe, plus particulièrement dans son livre "La mélodie des Tuyaux".

 

Certes cet univers ne plaira pas à tous et ne conviendra pas au jeune public, mais il ravira au premier abord les fans de Dionysos  mais également les fans de Mathias Malzieu qui attendaient le film depuis un bon moment. Jack et la Mécanique du Coeur se révélera être riche en sentiments entre amour et tristesse, la frontière sera mince et nous assez vite transporté dans ce monde assez étrange et émouvant.

 

L'avis de Coralie :

 

Peut-être que, comme moi, vous trouvez que la vie est un peu trop rose dans certains dessins animés d’aujourd’hui, comparé au Roi Lion ou à Bambi, qui ont fait pleurer des générations d’enfants. Peut-être que, comme moi, vous pensez que même les plus petits peuvent voir des choses tristes sans pour autant devenir des adultes instables et perturbés. Mais quand on passe à l’autre extrême, c’est-à-dire à Jack et la mécanique du cœur, on se dit que parfois, il ne serait pas inutile de distribuer la carte d’un pédopsychiatre à la fin de la projection.

 

Le film de Mathias Malzieu et Stéphane Berla est loin d’être dépourvu de magie et de féérie, mais on en sort le cœur lourd et l’œil humide. Maintenant que vous êtes prévenus, achetez des mouchoirs, mais courez quand même voir cette belle histoire qui se déroule à la fin du 19ème siècle, à l’aube du nouvel art qu’est alors le cinéma. George Méliès, avec la voix de Jean Rochefort, est absolument croustillant et l’on est aussi émerveillé devant son invention que ses premiers spectateurs. Le film est également l’occasion d’un beau voyage entre l’Écosse, Paris et l’Andalousie avec d’impressionnants décors (notamment l’école à la mode Caligari et le vertigineux train fantôme), une foultitude d’idées toutes plus inventives les unes que les autres (la colonne vertébrale/xylophone, le train/accordéon…), et des personnages extrêmement touchants.

 

Jack et la mécanique du cœur parle d’amour, de confiance et de différence, de courage et de vérité. Il le fait en nous en mettant plein les yeux avec une intrigue dynamique, un univers visuel incroyable et des changements de formes audacieux et efficaces. Rien n’est superflu pour raconter : on passe de la couleur au noir et blanc, du dessin animé moderne au cinéma des premiers temps, de la musique au silence, de la magie aux marionnettes. Le seul point négatif réside dans la « faiblesse » des chansons, qui ne nous transportent pas vraiment. Cela ne fait qu’augmenter la noirceur de ce film au message terrible : quelle que soit notre volonté, quels que soient nos amis, quels que soient nos arguments, il y a parfois des problèmes sans solution.

Marie-Laure Busin

Ils jouent dans Jack et la mécanique du cœur Jack et la mécanique du cœur

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