Profanation : Critiques et retour sur la rencontre avec Fares Fares et Louise Vesth

A l’occasion de la sortie des deux premiers films Des Enquêtes du Département V : Miséricorde et Profanation, l’acteur Fares Fares (qui joue Assad) est venu faire la promo du film à Paris. Nous avons eu la chance de le rencontrer lors d’une table ronde en compagnie d’autres blogueurs. Il fut rejoint en cours de séance par la productrice Louise Vesth.

 

Comment avez vous entendu parler du projet et pourquoi avez-vous accepter ?

Fares Fares : La première fois que j’en ai entendu parler fut à partir d’un email que la productrice Louise Vesth m’a envoyé. Je ne connaissais pas les livres. J’étais à Los Angeles à ce moment là. Elle m’a juste envoyé une présentation des quatre premiers livres avec le premier scenario du premier film. J’ai commencé par lire le scénario et il y avait quelque chose dedans. Je veux dire que j’avais quelques questions par rapport à mon personnage mais il y avait quelque chose. J’ai donc fait un Skype avec le réalisateur et nous avons eu une longue discussion. Je suis allé au Danemark pour le rencontrer lui et Nikolaj. En fait, il y a deux raisons qui m’ont fait participer au projet, et Nikolaj adorera entendre ça, c’est que c’était produit par Zentropa et Nikolaj était le second acteur. Ce sont les deux raisons principales qui m’ont fait accepter le projet.

 

Avez-vous lu le livre?

Fares Fares : J’ai lu le premier livre après avoir lu le scénario et après avoir dit oui au projet. Je l’ai lu pour me préparer mais ce n’est pas le livre qui m’a fait dire oui au rôle. C’est le script et le projet en lui-même.

 

Qu’est-ce que vous aimé et n’aimez pas de votre personnage ?

Fares Fares : J’aime le fait que mon personnage soit quelqu’un de très secret. Il vient d’un lieu sombre mais il voit la vie du coté positif et il fait un bon duo avec Carl.

Ce que je n’aime pas c’est que parfois, il est peint avec de grosses brosses. Il aurait aimé que ce soit plus léger par rapport à ce qu’on attend de son personnage. Il y a certaines choses pas du tout surprenantes. Par exemple, la première fois que Carl le rencontre dans le sous sol, il écoute de la musique syrienne. Mais il n’avait pas besoin d’écouter cette musique juste parce qu’il vient de ce pays. Il aurait aimé le voir écouter de la musique à laquelle les gens ne s’attendaient pas. Il aurait voulu surprendre Carl.

Dans le livre, il est plus un assistant et il trouve ca plus intéressant qu’ils soient partenaires. Carl est son patron mais ils se comportent comme partenaires et ils sont tous les deux des enquêteurs dans le film alors qu’il est juste une aide.

Nous avons eu des discussions sur l’avenir de mon personnage même si je ne peux pas rentrer dans les détails. Nous avons discuter avec Mikkel (Norgaard, le réalisateur) et Nikolaj et ils sont très ouvert sur des changements concernant mon personnage.

 

Avez-vous un processus pour devenir votre personnage, est-ce différent pour chaque film ?

Fares Fares : Oui c’est différent pour chaque film. J’approche chaque projet avec des sensations différentes et je reste simple.  Si c’est quelque chose que je ne sais pas faire, j’essaye de l’apprendre. Dans ce cas particulier, j’ai du apprendre le danois et ce fut la chose la plus dure à faire. J’ai commencé avant qu’on commence le premier film. J’ai déménagé au Danemark et je suis allé à l’école pendant deux mois et demi pour me concentrer sur la langue. Puis nous avons commencé à tourner et Nikolaj m’a beaucoup aidé.

Si je dois jouer un docteur je vais apprendre ce que je peux pour savoir de quoi je parle. Et si je dois faire un rôle physique, je vais faire en sorte d'être en bonne forme pour pouvoir le faire. C’est très simple. Je pense qu’être acteur c’est de ne pas tenter de rendre la chose compliquée. Si tu ne connais pas, tente d’apprendre mais ne t’en rend pas malade.

 

Comment voyez-vous l’évolution de votre personnage ?

Fares Fares : Il espère que connaîtra de plus en plus Assad. Il y a encore 2 autres films à venir. J’aimerais qu’il soit un peu plus chahute car il est un peu le conteneur de Carl et il ne doute jamais de sa façon de voir la vie. J’aimerais voir comment il s’en sortirait si il se retrouvait face à “son procès”, qu’il prenne un peu de la personnalité de Carl et inversement. Ce serait une chose intéressante à travailler.

 

Il semble qu’être acteur soit quelque chose de familiale. Comment y êtes-vous venu?

Fares Fares : C’est devenu une affaire de famille une fois que je suis devenu acteur. j’ai commencé dans un petit film quand j’avais 15 ans en Suede. Et son frère de quatre ans plus jeune a commencé à tourner avec un de ses amis quatre ans plus tard accidentellement. et c’était une pure coïncidence. je ne pense pas l’avoir inspiré ou quelque chose du genre. Il s’est juste révélé être bon dans ce domaine. Plus tard, il a fait participé notre père. C’est devenu une affaire de famille mais professionnellement, c’est surtout moi et mon frère qui travaillons dedans, moi comme acteur et lui comme réalisateur. Il fait aussi des jeux vidéos maintenant.

 

J’aime beaucoup Cops et Jalla ! Jalla ! Allez-vous tourner de nouveau avec votre frère ?

Fares Fares : Si on trouve un projet oui. Nous avons fait Jalla ! Jalla ! en 2000 et Cops en 2003, vous ne verrez pas d’autres films de ce genre. Mais en plus d’être frère, nous sommes de très bons amis. Si nous trouvons un projet que nous aimons tous les deux, vous pouvez être sur que nous retravaillerons ensemble dans le futur.

 

Comment vous sentez-vous quand vous avez eu à signer une franchise comme celle-ci?

Fares Fares : J’ai peur (rire, ndlr). terrifié… Vraiment...

 

Nous parlons de 10 livres…

Fares Fares : Non non, vous me faites peur. (rire ndlr) J’ai signé pour 4 films et je n’en ferais pas plus.

 

Vous avez travaillé avec Daniel Espinosa

Fares Fares : Yes…

 

Vous avez aussi travaillé sur des film hollywoodiens, vous avez eu la chance de travailler avec Denzel Washington, Gary Oldman, qu’ont-il appris…

Fares Fares : Ce qu’ils ont appris ? tout ce qu’il pouvait sur le jeu d’acteur.

 

Comment avez-vous travaillé avec ces mecs là?

Fares Fares : Il n’y a pas de différence, pour être honnete avec vous. Il y a des différences de personnalité mais comme j’ai travaillé depuis très longtemps en Suède. Et même dans Zero Dark Thirty de Katherine Bigelow. Quand on est dans une scène avec un autre acteur, tout commence quand tu appuis sur le bouton rouge de la camera et c’est la meme sensation à chaque fois. Vous avez plus de monde autour de vous mais je ne ressens aucune différence. Sauf peut etre selon les personnalités comme Denzel mais même en Suède nous avons des personnalités de sa trempe donc.

 

Louise Vesth se joint à la table ronde. Elle est la productrice des deux films.


Fares Fares, e ne sais pas si vous le savez mais les deux films sortent en France, l’un au cinéma et l’autre en VOD sur le net. Comment voyez vous cette nouvelle possibilité de distribution?

Fares Fares : Dans ce cas c’est vraiment une bonne idée. La possibilité de voir le premier chez eux et s’ils ont aimé pouvoir voir le second au cinéma. Mais c’est une coïncidence que ca fonctionne. Les deux films ont été produit pour le cinéma, ils sont de très bonne qualité. Je ne sais pas si c’est possible pour un producteur de penser à produire deux films en qualité cinéma et d’en distribuer un au cinéma et l’autre en VOD. (S’adressant à Louise Vesth) Tu peux peut être répondre à cette question.

Louise Vesth : Nous sommes des gens de cinéma et c’est la première fois que j’en entends parler de cette façon de faire. Et c’est assez excitant de voir ce qu’il va en résulter. Dans ce cas, ca prend sens car ces films sont indépendants l’un de l’autre et c’est un bon moyen d’avoir les deux films sur le marché. Pour moi, les deux films doivent être vu au cinéma mais j’accepte aussi le fait que le marché change et afin d’avoir une plus grande audience, nous devons voir les différentes possibilités. Et si c’est une façon de toucher plus de personnes et peut être que cette idée de proposer des films de qualité cinéma en e-cinema et que l’on voit que les films ont un lien, peut être  que ça apportera au deux univers quelque chose.

Je pense que c’est une stratégie excitante. Je n’en avais jamais entendu parler avant et je pense que c’est peut être la première fois que Wild Bunch travaille de cette façon donc oui c’est assez excitant.

 

J’ai une question pour vous deux, le travail avec les acteurs, Nikolaj et Pilou Asbaek. Comment c’était de travailler avec eux, et pour la production de faire avec des acteurs très connus en Scandinavie, voir mondialement connu maintenant ?

Fares Fares : Comme je l’ai dit Nikolaj fut l’une des deux raisons qui m’a fait dire oui au projet, ça a donc été un plaisir. C’est un grand acteur, et il fut une grande aide pour apprendre la langue danoise. Nous nous sommes très bien entendu et il y avait une grande alchimie entre nous et je n’ai encore rencontré personne faire ça. Pilou Asbaek est aussi un homme charmant. Nous n’avons pas eu beaucoup de scène ensemble donc c’est difficile d’en parler mais c’est une personne adorable avec une grande personnalité.

Louise Vesth : Depuis le début nous voulions faire un film de grande qualité et Zentropa est surtout connu pour les films dramatiques, des contenus originals. Avec ce film, ce fut un challenge de faire un film de qualité pour un film mais aussi pour en faire une franchise.  Et de travailler sur les épaules de film précédent ce qui est quelque chose de spécial. Je veux dire : nous avons travailler sur tout ce que nous avons fait sur nos films précédents, sur le concept et le langue du film est très bien. Et avec les acteurs, ce fut dès le début que le réalisateur a fait le choix d’avoir de très très bons acteurs, Nikolaj est un acteur très connu au Danemark et dès le début il avait une idée sur Fares en partenaire. Et j’ai déjà travailler avec Fares. Il ne le sait pas mais j’ai travaillé avec lui il y a quelques années car j’ai co-produit le film de son frère Cops, un film suédois dans lequel Fares jouait et je l’ai rencontre dans un bowling. Apparemment je ne lui ai pas fait une grande impression (rire)

Fares Fares : Apparemment…(rire)

Louise Vesth : Apparemment mais j’ai connu les producteurs de Cops et j’ai demandé à avoir un contact avec Fares car nous voulions vraiment travailler avec lui. Et parce que Nikolaj et Fares se connaissait avant de faire le premier film et je pense que c’est devenu une très belle relation.

Et pour le second film nous avions besoin de quelqu’un capable de se retrouver contre eux. Et être face à Nikolaj et Fares n’est pas quelque chose que tout le monde peut faire. Nous avions besoin d’une personne capable de les mettre au défi aussi dans la façon de jouer. Quand on a des acteurs avec une longue expérience, mettre en face des acteurs avec moins d’expérience peut les rendre nerveux. Nous avons donc eu besoin d’une personne qui pouvait arriver devant eux et les défier devant la caméra et David Dencik et Pilou Asbaek étaient parfait.

Fares Fares : oui David est aussi un acteur formidable. Et je le connaissais avant car c’est aussi un suedois mais qui a grandit au Danemark. Il parle donc les deux langues.

Louise Vesth : Comme toi

 

Comment expliquez-vous le succès de tous ces films d’investigations sombre comme Millenium, Profanation? C’est assez fascinant, comment l’expliquez-vous ?

Fares Fares à Louise Vesth : Tu prends celle-ci… (rire)

Louise Vesth : Oui c’est le pays d’origine de Fares, la Suède qui a une grande tradition de crime, de thriller… Au Danemark, nous n’avons pas ce genre là, ce genre de livre. Et avec ces livres, la meilleure choses les concernant est qu’ils combinent brutalité et humour. Et je pense que c’est la clé, ce qui fait le succès de ses livres. Et je pense que pour nous c’était nouveau et pour Zentropa c’était de combiner le drame avec le thriller. Et comme nous voulions faire une film de grande qualité et le concept visuel de ces films, nous avons osés aller dans ce domaine car il y a déjà de très bons thriller américain. Nous avons osé le faire et c’est à vous de nous dire si nous avons réussi quelque part,d’avoir fait un film danois / européen.

 

 

 

 

Critique de Nicolas Leprêtre : un thriller froid et prenant

Note : 7.5/10

Lourde tâche que celle de passer derrière le phénomène Millenium qui s'est emparé de la planète et s'est même vu remaker avec brio par David Fincher.

Les Enquêtes du département V emprunte la même voix et un thème similaire avec un thriller suédois à l'esthétique très froide et aux personnages torturés. Violence, sexe, atmosphère pesante, image volontairement sombre le film se démarque pour autant par son approche policière avec ces deux inspecteurs finalement très humains et loin des caricatures du genre. Pas de héros ici, deux citoyens en prise avec le mal et partis dans une traque sanglante aux limites du malsain.

Les enquêtes du département V : Profanation est un polar prenant au propos intelligent et bénéficie de cette aura, d'un vrai style et d'une mise en scène inspirée.

Pas de superflu ni de spectaculaire, un film profondément humain qui sonde l'âme.

 

 

 

Critique de Nadège Deschamps : un polar sombre et intense

Note : 7/10

Après Miséricorde (disponible en VOD sur toutes les plateformes spécialisées), Les Enquêtes du Département V nous propose cette fois Profanation, toujours adapté des romans de Jussi Adler-Olsen, Comme le précédent, le film a eu un énorme succès dans son pays d’origine, toujours second derrière Le Hobbit.

Cette fois, Carl et Assad fond face a une nouvelle affaire toujours aussi sombre où se mêlent cette fois amour, vengeance et violence gratuite. Une nouvelle affaire dure et compliquée pour les deux enquêteurs qui seront mis à mal. On regrettera le manque de présence de Assad joué par Fares Fares. Le film est en effet, plus tourner vers Carl. On retrouve Pilou Asbaek et David Dencik pour leur tenir tête. Pervers et violent, ces deux acteurs de talent permettent un vrai duel face aux deux enquêteurs.
On appréciera la petite touche d’humour et de féminité dans ce duo en la personne de Rose interprétée par Johanne Louise Schmidt.

Mais comme dans le précédent volet, on retrouve la patte des polars nordiques avec cette violence, cette sobriété, et cette noirceur qui les caractérisent.
Encore une fois, le scénario et la mise en scène sont de qualité avec de nouveaux des flash-back expliquant au fur et à mesure de l'enquête ce qu’il s’est passé.

Profanation est donc une belle réussite à découvrir sur grand écran.

 

 

Merci à Fares Fares et Louise Vesth pour leur présence
et merci à Wild Bunch et Way to Blue d'avoir permis cette rencontre

Nadège Deschamps

Ils jouent dans Les Enquêtes du Département V : Profanation Les Enquêtes du Département V : Profanation

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