[critique] Good Kill : En plein dans le mille. Ethan Hawke toujours aussi impeccable dans un film fort

Il y a quelques semaines Andrew Niccol nous avait fait l'honneur de venir à la rencontre des spectateurs lors de l'avant-première de son nouveau film Good Kill. Nous y étions et avons assisté à une vraie master class de plus d'1h. Le réalisateur est revenu longuement sur son film mais aussi sur sa carrière et l'ensemble de son oeuvre.

Voici quelques photos de la rencontre, un court-résumé ainsi que les avis de la rédac sur le film.

Résumé de la rencontre:

Ce qui l’a intéressé dans Good Kill c’est comment cette guerre même à une certaine schizophrénie. Un jeune qu’il a rencontré lui a dit qu’après une journée à piloter un drone, il rentrait chez lui pour jouer au jeu vidéo. Les militaires sont totalement désensibilisés et finissent par devenir schizophrène. On combat des talibans pendant 12 heures à des centaines de kilometre et à la fin de la journée on rentre chez soit.

Les recherches pour le film furent difficiles car il n’y eu aucune collaboration du gouvernement américain. Et quand il refuse, c’est souvent parce que ce qu’on raconte est la vérité. Il s’est donc servi des images que Bradley Manning de Wikileaks avait mis en ligne.

Concernant Ethan Hawke, il dit que c’est un acteur remarquable. Il est authentique.

Il nous indique que la base de drone de Las Vegas existe réellement car elle ressemble aux paysages afghans. Et pour l'entraînement, ils suivent les voitures sur les autoroutes.

Avec son film, Andrew Niccol espère vraiment qu’un débat s’ouvrira et que les gens ouvriront les yeux. C’est une guerre ambiguë car elle est considérée comme la moins pire des guerre et aussi la plus précise.

L’armée recrute leur pilote de drone dans les arcades de jeux vidéos. Ils n’ont aucune formation militaire mais de se fait il n’ont pas le droit de tuer et c’est pour ca qu’il y a un militaire avec eux.

Au niveau de son travail, il explique qu’il ne fait que des histoires qu’il aime. On lui avait proposé une fois de faire un film a gros budget  qui se termine par “man” mais il avait refusé.

Et lors des tournages, il explique qu’il répète beaucoup. Il a beaucoup travaillé le syndrome post traumatique avec Ethan Hawke. Il a montré les vidéos en continu afin qu’ils les gardent véritablement à l’esprit.

Avis de Nicolas Leprêtre: Carton plein Pour Good Kill. En plein dans le mille.   Note 8.5/10

Andrew Niccol n’est jamais aussi bon que quand il traite d’un sujet grave et de société, un film profondément actuel qui révèle le nouveau visage de la Guerre : Les Drones et ce conflit à distance via machines ultra perfectionnées.

En plein dans le mille, le réalisateur fait mouche et en profite pour égratigner la hiérarchie, les ordres douteux. Qui est considéré comme une cible ? Qui a le droit d’éliminer telle personne ? Jusqu’où aller ? Tant de questions que le réalisateur met en exergue dans ce Good Kill qui soulève bien des interrogations sur l’être humain, le terrorisme, les contre-attaques et l’obéissance.

Good Kill n’est pas un film spectaculaire mais très intense, prenant au possible et par bien des aspects intimiste. Une autre face de la guerre moderne.
Le choix de l’acteur principal est fort judicieux et une fois de plus Ethan Hawke est toujours aussi impeccable sous les traits de cet ancien pilote cloué au sol dans un bunker exigu à jouer des manettes et éliminer à des 10 000 de kilomètres des cibles.

On vit ses états d’âme, son mal être et son envie irrépressible de reprendre le pilotage et de se sentir vivant. Une réflexion intelligente sur le soldat qui vit souvent par l’adrénaline et le combat et en oublie la vie de tous les jours.

Carton plein pour Good Kill.

Avis de Nadège Deschamps. Fort et Intense, Ethan Hawke est remarquable  Note 8/10

Andrew Niccol revient avec un film fort et intense sur le quotidien d’un pilote de drone. Afin de donner un coté réel à son film, il a utilisé de véritable image lors des attaques de drone. De plus, il n’a pas hésité à entrer en contact avec des pilotes afin d’être au plus proche de la réalité.

Pour le rôle principal, il refait appel à l’un de ses acteurs fétiches, Ethan Hawke. Tout en retenu, il est d’une grande justesse.

C’est un film qui ne peut laisser le spectateur indifférent et on ne peut s'empêcher de se poser différentes questions. Que doit-on penser de ce genre de guerre dite “clean” et précise? Et ce genre d’attaque ne pousse-t-elle pas nos adversaires à redoubler d’efforts pour se venger?

Et pour le militaire, comment gérer le fait d’être enfermé 12 heures dans un bureau à espionner des gens à des centaines de kilomètre et à les tuer sur un simple ordre comme dans un simple jeu vidéo. Pourquoi ce militaire qui a la chance de pouvoir rentrer chez lui tous les soirs souhaite qu’une chose, retourner sur le terrain?

Andrew Niccol est très doué pour ce genre de film, il nous l’avait déjà prouvé avec Lord of War. Il revient en force avec ce film qui ne sera pas sans faire des remous, en particulier aux USA, surtout après un film comme American Sniper.

Malgré tout, le film ne critique en rien le travail des militaires, il pose surtout des questions essentielles.

Au niveau des seconds rôles, ils ne sont pas en reste avec Zoé Kravitz dans un rôle fort. January Jones quand à elle a un rôle d’une grande finesse. 
C’est donc un grand film de qualité que nous offre de nouveau Andrew Niccol avec une grande qualité photographique et un très bon scénario malgré de petits clichés.

Nicolas Lepretre

Ils jouent dans Good Kill Good Kill

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