[Critique] Nos Futurs : Nostalgie poignante et humour tordant !

 

Rémi Bezançon (Ma vie en l'air, Le premier jour du reste de ta vie, Un heureux événement, Zarafa) revient avec Nos Futurs, un film que le réalisateur annonçait comme plus léger, plus comique que son Un heureux événement. On l'attendait avec impatience et le voilà qui déboule dans nos salles le 22 Juillet 2015. On a pu le voir avant sa sortie, et voici notre verdict.

L'histoire de Nos Futurs, plus ou moins autobiographique, raconte l'histoire de Yann (Pierre Rochefort), un patron trentenaire quelque peu coincé dans un quotidien qu'il supporte sans passion. Un jour, il reprend contact avec Thomas (Pio Marmai), un ami d'enfance avec lequel il avait étrangement coupé les ponts. Cette prise de contact incite Yann à faire le point sur ce qu'il est devenu, et le pousse à se lancer dans une véritable aventure : tenter de retrouver ses anciens camarades de lycée...

Au fil de ses films, Rémi Bezançon a réussi à se trouver un ton bien à lui, qui le met de suite un peu à part dans le cinéma français. Il serait trop simple de caser le réalisateur dans un genre, et celui de la comédie dramatique en particulier, tant il est clair que le metteur en scène essaie surtout de capter son époque, via des situations anodines (ou en tout cas perçues de cette façon) mais qui peuvent bouleverser l'âme humaine. Dans Nos Futurs, c'est la nostalgie de l'amitié parfois oubliée qui est en première ligne, et qui souvent surgit aux alentours de la trentaine, un cap parfois dur à passer (et ce n'est pas Taxi Driver qui nous dira le contraire).

Nos Futurs est un pur film européen, qui se construit via ses personnages. Ce sont eux qui soumettent les situations, et non l'inverse. Le duo formé par Yann et Thomas est redoutablement vrai, crédible, et émouvant dans leur traitement. Pas de jeunisme aux accents bobos ici, mais une description plausible de deux caractères ayant évolué au fil des années. Yann est devenu un homme ennuyeux, patron gérant une grosse boîte qu'il a hérité de son père. L'écriture du personnage se charge de nous donner des indices quand à son passé : il fait référence, de temps en temps, à la cultire science-fiction, comme si cette culture était inextirpable, du fait d'une enfance pas encore si lointaine. Thomas, quand à lui, a tout de celui qui se ferait traiter d'attardé, voir de démodé. Son vocabulaire, ses fringues, même ses signes extérieurs de rébellion, tout sonne très années 80-90. Jusque dans son appartement, couvert d'un poster d'Arizona Dream. La rencontre des deux créée évidemment une explosion indicible, imperceptible, qui remet en cause le Moi freudien de Yann

Dès lors, Nos Futurs devient une comédie de potes très agréable et d'une sensibilité bien vue. Il est évident que le film parlera un peu plus (mais pas mieux) aux hommes qu'aux femmes, tant certaines choses sentent le vécu. Le côté comique que provoque les retrouvailles avec d'anciens copains de lycée est indénialbe, notamment avec Max (joué par l'excellent Kyan Khojandi), l'ancien DJ du bahut, surnommé Mad Max... et devenu un obscur employé de bureau dégarni. La nostalgie gagne du terrain au fil du temps, et on sent que quelque chose vacille, alors que le film tourne au road trip. Le ton change avec délicatesse, quelques éléments viennent mettre le doute quand à ce qu'on observe.

Le final de Nos Futurs est une réussite, et on s'en voudrait de vous le spoiler. Sachez seulement qu'il permet au film d'atteindre une dimension intéressante en terme d'analyse, qu'on se plaira à assurer avec un second visionnage. Nos Futurs confirme le talent de Rémi Bezançon, un réalisateur plus que jamais à surveiller de près.

Note : 8/10

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