[Critique] Le Prophète : liberté chérie

Adapté d'un énorme succès littéraire, signé par le poète libanais Khalil Gibran, Le Prophète est un projet porté par pas mal de noms bien connus de toutes et tous. Le scénario, ainsi que la réalisation, sont assurés par Roger Allers, que vous connaissez pour être l'homme derrière Le Roi Lion. Salma Hayek, dont on rappelle les origine libanaises par son père, se retrouve au casting voix, mais surtout à la production. Quand au fameux prophète, son doublage est assuré par le chanteur Mika. Le résultat à l'écran est-il digne de ce casting intéressant ?

Connaissant la structure complexe du livre de base, nous nous demandions comment Roger Allers allait en tirer la substantifique moelle. La solutionn choisie semble, sur le papier, la meilleure pour se dépatouiller d'une telle tâche : un film à segment, relié par un fil rouge fort. Ce dernier se charge de nous attaché au prophète du titre, qui n'est autre que Mustafa, prisonnier politique enfermé pour des écrits révolutionnaires pas vraiment du goût du gouvernement local. Dans son calvaire, il croise le chemin de Kamila et sa fille et Almitra, que le poète va éclairer de sa philosophie.Pour se faire, i aura recours à des petites histoires, comme autant d'illustrations à ces propos.

Ce ne sont pas moins de huit histoires, toutes confiées à des dessinateurs différents, à forte personnalité graphique. Parfois, au risque de briser la continuité visuelle, voir rythmique, ce que l'on peut regretter. Mais chaque segment s'avère d'une puissance folle, pleine de sens, dans le seul but de faire progresser le ressenti face au récit conté dans le fil rouge. Certains passages nous font preuve d'une telle qualité qu'on peut très bien imaginer les regarder comme des courts-métrages, ce qui est une belle qualité.

Les diverses rencontres que provoque le voyage dramatique de Mustafa sont autant de métaphores, très utiles en cette période troublée que nous traversons. La liberté est au centre du débat, via notamment la censure et les idées reçues. La musique se charge de souligner, avec réussite, le propos du film. Nous avons, pourtant, été assez interloqué par la direction du casting voix. Si Salma Hayek s'en tire fort bien, ce n'est pas forcément le cas de Mika, tellement monocorde qu'il a même du mal à bien accompagner les récitations, pourtant très importantes pour le fondamental de l'oeuvre. Heureusement, la force du récit est telle qu'on arrive à ne pas faire la part des choses, et ce jusqu'à un final déchirant.

Au final, Le Prophète est un dessin-animé intéressant, que l'on recommande pour les enfants tout de même en âge de comprendre les sujets abordés par l'oeuvre. Si l'on regrette une cohérence formelle pas tout à fait au top, l'on est tout de même impressionné par le résultat à l'écran. Car adapter Khalil Gibran (que nous vous recommandons aussi à la lecture, en passant) était une tâche pas facile. Mais plutôt réussie.

Note : 7/10

The Duke

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