[Critique] Suite Armoricaine : Passés entremêlés

12 ans après son premier long-métrage « Illumination », Pascale Breton revient avec  « Suite Armoricaine » tournée en Bretagne, à l’université de Rennes où la réalisatrice elle-même a étudié la géographie. Tout comme Ion (Kaou Langoët), un des deux personnages principaux, débarquant dans cette nouvelle vie pour échapper à un passé chaotique habité notamment par les souvenirs d’une mère immature. Son chemin croisera celui de Françoise (Valérie Dréville) enseignante à l’université revenant sur les lieux de sa jeunesse pour, au contraire de Ion, retrouver des souvenirs depuis longtemps oubliés. Seule une photo de son groupe d’amis d’antan lui permettra de connecter les points et au fil des retrouvailles, se réapproprier son passé teinté d’accents new wave.

La poésie du film découle des plans sur les peintures observés par Françoise ainsi que par les scènes dans la campagne bretonne dont le silence apaise et fait voyager dans une région chère au coeur de la réalisatrice. Son originalité réside dans le jeu fait avec la temporalité, l’histoire revient en arrière sur certains moments de vie mais du point de vue de l’autre protagoniste et l’on observe ainsi les effets de ces mêmes actions sur celui-ci. Le film est lent mais cela permet d’apprécier chaque plan, chaque émotion et de plonger le spectateur dans le quotidien de Françoise et Ion qui nous parait presque réel.

Si vous voulez passer un moment hors du temps et découvrir une réalisation rafraîchissante Suite Armoricaine est l'échappatoire qu'il vous faut. Vous serez transportés par une photographie sublime comme par la justesse de l’interprétation de Kaou Langoët, Elina Löwenshon (jouant la mère de Ion) et de Valérie Dréville qui mériterait plus de rôles sur grand écran. On reprochera seulement la longueur du film.

 

Note 8/10

Justine Barré

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