CONJURING2: la veritable histoire du Poltergeist d'Enfield (sortie le 29 juin)

En 2013, James Wan signait le film d’horreur le plus vu en France de ces quinze dernières années avec CONJURING qui, dès sa sortie, faisait souffler un vent de peur sur le box-office, en se hissant directement sur la première marche du podium avec près de 1.2 million d’entrées. Le seul film à l’avoir détrôné est son spin-off, Annabelle (2014), dédié à la diabolique poupée éponyme, qui culmine à 1.6 millions de tickets vendus.

À présent, le cinéaste ouvre un autre dossier Warren, basé sur des faits réels survenus à Londres à la fin des années 1970. Aussi pernicieux que déroutant, le cas Enfield a confronté les Warren à un mal d’une puissance inédite.

Conjuring 2: le cas Enfield sera à découvrir dans les salles obscures dès le 29 Juin mais pour l'heure décryptage à la genèse de l'effroi:

« La maison aux phénomènes étranges » (The Daily Mirror, 1977)

Cette une du quotidien britannique rappelle le climat de psychose qui a gagné les Londoniens lorsque la presse s’est emparée de l’affaire. Qu’on y croie ou non, les phénomènes surnaturels posent question. Surtout lorsque les indices troublants s’accumulent… Fascinant et dérangeant à la fois, le dossier du 'poltergeist d’Enfield' a été sujet à d’innombrables analyses d’experts, qui ne sont toujours pas parvenus à s’accorder sur l’authenticité des faits, encore controversés aujourd’hui. Si ce cas a fait l’objet de plusieurs adaptations depuis une quarantaine d’années, l’implication majeure d’Ed et Lorraine Warren – couple d’enquêteurs paranormaux rendu célèbre par Conjuring – reste méconnue du grand public. Écrivant un nouveau chapitre de la peur, Wan corrige cet oubli, en mettant en scène ce qui a été présenté à l’époque comme « L’Amityville d’Angleterre ». Une affaire qui reste, à ce jour, l’une des plus grandes activités paranormales jamais survenues en Grande-Bretagne et, surtout, l’une des mieux documentées.

En 1977, un prêtre sollicite les Warren – reconnus pour leur expertise en parapsychologie et ayant déjà plusieurs exorcisations à leur actif, dont celle d’Harrisville – pour leur faire écouter un enregistrement audio, sur lequel on entend la voix d’un vieil homme paraissant sénile. Ed et Lorraine comprennent qu’ils sont face à un cas sans nul autre pareil lorsqu’on leur révèle que la voix fixée sur la bande magnétique est, en réalité, celle d’une fillette de 11 ans appelée Janet Hodgson. Avant de défrayer la chronique, Enfield était le nom d’un borough londonien, situé au nord de la capitale britannique, dont la seule renommée était d’être une banlieue pauvre sans grande perspective d’avenir. La famille Hodgson y mène une existence ordinaire, en tentant de joindre les deux bouts. Mais tout bascule lorsque les meubles se mettent à bouger et que la petite Janet change de comportement, allant même jusqu’à léviter, comme en attestent les photos et documents d’origine.

Janet, 11 ans, possédée et interviewée par la BBC

Élevée par une mère célibataire, Janet grandit dans une fratrie de quatre enfants, aux côtés sa grande sœur Margaret (13 ans) et ses petits frères, Johnny (10 ans) et Billy (7 ans), avec qui elle partage sa chambre. C’est elle qui alerte sa mère sur la présence d’un esprit dans la maison et qui conduit cette dernière à appeler à l’aide ; d’abord des voisins, puis la police et les médias. Présentant tous les signes d’un envoûtement démoniaque, l’enfant éveille l’intérêt des journalistes et enquêteurs paranormaux, à l’instar de Maurice Grosse, aussi célèbre pour ses expertises dans le domaine du surnaturel, que pour son goût des caméras. C’est lui qui mène l’entretien que BBC Scotland consacre à la fillette, en la questionnant dans le cadre d’une interview télévisée, retransmise en direct. Dans cette entrevue surréaliste, l’esprit malin qui habite le corps de Janet répond aux questions du reporter-analyste, en se présentant comme le septuagénaire Bill Wilkins, de sorte que cette interview avec l’au-delà est rapidement considérée par d’aucuns comme une supercherie. Dans les rangs des détracteurs figure la parapsychologue Anita Gregory, qui n’a jamais caché son scepticisme, en criant au canular. Pour autant, dans les annales de la chaîne, l’interview de Janet reste un grand moment de télévision et, surtout, un élément de preuve crucial pour l’étude des phénomènes paranormaux ; notamment aux yeux des Warren, qui se sont investis corps et âme dans cette enquête qu’ils considéraient comme très sérieuse.

Possédée par l’esprit de Wilkins et interrogée devant des millions de téléspectateurs, Janet a permis, malgré elle, à une entité maléfique de s’exprimer pour la première fois à la télévision. 25 ans plus tard, le Telegraph a retrouvé la trace de celle dont la voix rauque et le rictus espiègle glaçaient le sang de ceux qui suivaient l’interview devant leur poste. Devenue adulte, Janet confie alors « conserver le souvenir des faits principaux, car ils laissent des marques ». Au vu de leur expérience en matière d’activités fantomatiques, Ed et Lorraine Warren ont, en 1977, laissé peu de part au doute. À l’ombre des projecteurs, ils n’ont pas hésité à venir en aide à Janet et sa famille, malgré le danger, jusqu’à être poussés dans leurs derniers retranchements. Renouant avec les rôles qui leur ont valu de terrifier le public dans le volet précédent, Patrick Wilson et Vera Farmiga livrent une nouvelle interprétation des Warren à couper le souffle. Béni par un prêtre, le tournage s’est déroulé d’une étrange manière pour l’interprète de Lorraine Warren, qui expliquait il y a peu dans la presse avoir été victime de phénomènes paranormaux, évoquant porter « des traces de griffure » sur sa peau…

Rendez-vous cet été pour vous faire peur dans les salles, seul ou accompagné.

Nicolas Lepretre

Ils jouent dans Conjuring 2 : le cas Enfield Conjuring 2 : le cas Enfield

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