[critique] Captain Fantastic : un superhéros pas comme les autres

Attention petite pépite en vue ! Coup de coeur du festival de Deauville, ce road-trip familial un peu décalé a reçu les prix du jury et du public et c’est amplement mérité.

Captain Fantastic nous emmène dans le grand ouest américain au sein d’une famille plutôt particulière : Ben Cash (Viggo Mortensen) et ses six enfants vivent à la dure dans la forêt chassant pour se nourrir, construisant et vivant sans les technologies d’aujourd’hui. Ben éduque ses enfants seul, leur apprend plusieurs langues, la musique et à respecter des figures telles que Noam Chomsky et Karl Marx. Tout se passe bien jusqu’à ce qu’un drame les amène à abandonner leur tranquillité pour la réalité de la ville et de la société moderne. Ici, le film aurait pu se perdre dans des clichés que l’on connait liés à la découverte d’un nouveau monde, mais entre les passages humoristiques très bien portés par les jeunes acteurs et actrices ainsi que la profondeur et les détails apportés à chacun d’entre eux, Tom Ross réussi à apporter un vent frais sur le genre.

Confrontés à une toute autre nouvelle façon de penser et de vivre, les enfants Cash réalisent rapidement les limites des leçons enseignées par leur père qui croit, lui, procurer le meilleur modèle d’éducation à sa progéniture. Nous nous retrouvons vite face à des questions sur la normalité, l’éducation et l’ouverture d’esprit. Avec ses leçons sur le socialisme, ses tonnes de bouquins philosophiques et son extrême honnêteté sur absolument tous les sujets, Ben a-t-il appris à ses enfants à penser par eux-même où à simplement répéter ses propres paroles ? Les plus jeunes ont-ils encore une petite part d’innocence ? Quand une partie de la fratrie veut goûter au nouveau monde qui s’ouvre à eux, l’autre partie soutient leur père corps et âme quitte à le mettre sur un piédestal et faire de lui leur héros. Jusqu’à la fin le spectateur se demande ce qui va garder cette famille soudée à laquelle on s’est tout de même beaucoup attachée.

Viggo Mortensen délivre une performance parfaite en homme détaché de la société de consommation, l’acteur étant discret on l’imagine très facilement adopter ce style de vie. George Mckay, jouant le plus âgé des enfants Cash, se révèle touchant de part sa naïveté contrastant avec toutes ses connaissances. Enfin, les plus jeunes séduisent avec leur spontanéité et leurs lignes très bien délivrées et souvent pleines de saveurs. Mention spéciale pour la réinterprétation du titre « Sweet Child O’ Mine » des Guns N Roses qui est tout simplement magnifique et qui me donne des frissons à chaque écoute.

Note : 9/10

Justine Barré

Ils jouent dans Captain Fantastic Captain Fantastic

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