Festival Toute la mémoire du monde 2019: Un festival indispensable, notre retour

Alors que le monde a les yeux tournés vers ce combat de titans entre le cinéma et Netflix dans une volonté de toujours plus de contenus et de nouveautés, le seul grand perdant c'est l'Histoire du cinéma. Le catalogue non pas des films à venir mais de ceux passés. Ces chef d’œuvres que les cinéphiles ont collectionnés pendant des décennies et qui semble aujourd'hui tombé dans l'oubli au profit d'un catalogue de nouveauté pléthorique. C'est pour cela qu'un festival qui célèbre cette mémoire du cinéma est un acte important.

Cette cinéphagie naissante oubli souvent de rappeler l'importance des classiques. Leur important en tant qu'oeuvre de cinéma mais aussi en tant qu'instantané de leur époque, de leur culture, de leur monde. Renier ce siècle de cinéma écoulé, entre le muet, le noir et blanc, le cinémascope c'est aussi oublié qu'il a fallu tant d'expérimentation pour en arriver là. Car le cinéma c'est la seule industrie qui ne produit que des prototypes et c'est pour cela que c'est la seule industrie que l'on considère également comme un art.

Quelle joie que de pouvoir (re)découvrir des œuvres intemporelles dans une salle de cinéma quasi comble à chaque séance ! Dans des copies restaurées ou sur la pellicule d'antan le frisson est toujours le même: la lumière s'éteint et deux heures durant nous voilà transporté ailleurs dans les rues contemporaines de Los Angeles dans Drive (Winding Refn) ou dans les arcanes du pouvoir New Yorkais à la fin des années 20 dans The Cotton Club (Coppola).  Des expériences enrichies par des rencontres savoureuses entre les présentations, les conversations et les masterclass, mais aussi entre les spectateurs eux mêmes qui semble avide de partager cette expérience avant ou après la projection d'un film. Finalement ce que ce festival m'a refait découvrir c'est l'importance de l'expérience collective et les rencontres que cela crée. Les individualités, les passions des uns et des autres pour des vies déjà passées, pour des visages intemporelles qui nous constitue une culture commune autour de laquelle on peut construire et s'enrichir.

Ce fut une belle édition sous le parrainage de Nicolas Winding Refn">Nicolas Winding Refn qui a permis d'attirer un public aussi peu habitué à fréquenter ce genre de festival et qui a permis de rappeler la curiosité d'une jeune génération pour des classiques qu'ils n'ont pas eu le temps de découvrir. Peut être que la plateforme créer par Winding Refn pour les films méconnus de l'histoire et dont il a annoncé la venue imminente en France, fera éclore des vocations nouvelles de cinéaste. Parce que nous ne venons pas de rien et c'est toujours en s'interrogeant sur le passé qu'on bâti l'avenir.

Benjamin Lemaitre

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