Jeudi soir 20H, à l'UGC Ciné Cité des Halles a eu lieu la Première française de The Host ( après sa présentation au dernier Festival de Cannes ).
Pour rappel l'histoire:
A Séoul, Park Hee-bong tient un petit snack au bord de la rivière Han où il vit avec les siens. Il y a son fils aîné, l'immature Gang-du, sa fille Nam-joo, une championne malchanceuse de tir à l'arc, et Nam-il, son fils cadet éternellement au chômage. Tous idolâtrent la petite Hyun-seo, la fille unique de Gang-du. Un jour, un monstre géant et inconnu jusqu'à présent, surgit des profondeurs de la rivière. Quand la créature atteint les berges, elle se met à piétiner et attaquer la foule sauvagement, détruisant tout sur son passage.Le snack démoli, Gang-du tente de s'enfuir avec sa fille, mais il la perd dans la foule paniquée. Quand il l'aperçoit enfin, Hyun-seo est en train de se faire enlever par le monstre qui disparaît, en emportant la fillette au fond de la rivière.La famille Park décide alors de partir en croisade contre le monstre, pour retrouver Hyun-seo...
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Le réalisateur du film Joon-ho Bong était présent pour cette soirée exceptionnelle et plutôt que de nous présenter le film comme 99% des équipes de film lors de ces avant-premières, il a tenu a répondre aux questions des spectateurs en fin de projection. Se mélangeant ainsi à la foule , ce n’est qu’après le générique que Joon-ho Bong rejoins la scène sous de beaux applaudissements.
Je retranscris ici quelques bribes des quelques 45 minutes débats qui ont suivi la projection du film :
A noter que la salle était unanime pour souligner la qualité du métrage et que dans aucune des questions l'on a décelé une déception vis à vis de The Host.
Au niveau de l'ambiance , l'atmosphère: Plusieurs personnes du public ont souligné cette incroyable mixité entre le comique et le tragique , le film d'horreur et des scènes foncièrement drôles sans oublier de la tristesse.
Joon-ho Bong nous a avant tout dit qu'il n'avait pas fait ce film pour faire peur et que le thème principal était plus la famille , une famille délaissée, de ratés , qui va tout faire pour se debarasser du Monstre et se trouver une force et une cohésion nouvelle. C'est d'ailleurs pour cette traison qu'il y'a des scènes comiques et des musiques dans ce sens.
Le côté critique est aussi bien présent, une personne de l'assistance allant même jusqu'a comparer ce film avec Starship Troopers de Verhoeven.
Joon-ho Bong s'est étonné d'une telle comparaison et a contredit ceci mais en revanche en est allé de sa petite critique de Bush et des Etats-Unis. Joon-ho Bong a été questionné également sur sa vision de son Pays : La Corée , une vision pessimiste et dramatique pour les spectateurs. L'intéressé dit que la Corée est un pays qui bouge incroyablement vite . Il n'avait pas non plus l'impression d'en donner une vision plus pessimiste que les autres nations dans le Monde.
Au niveau des personnages:
Question pertinente :" Il n'y a pas de personnage féminin dans cette famille, tout du moins de mère , de grand mère , juste la tante et la petite fille. Pourrait on savoir pourquoi?"
Joon-ho Bong: " Cette famille de « ratés » ne comporte volontairement pas de figure féminine mis a part la jeune Tante , car en Corée la femme/la mère est le pilier du foyer, l'intelligence , la sagesse et la protection et donc un personnage très fort et pour accentuer la dérive de cette famille dont il est question dans mon film j'ai omis délibérément la grand-mère et l’épouse . La seule scène maternelle dans le film étant la fille du "héros" enlaçant le jeune garçon."
La musique:
La musique est un élément primordial , plus particulièrement encore dans les films asiatiques au rythme plus lent , plus poétique même dans les films d'horreur. Remarque pertinente sur le choix musical apporté par le réalisateur , des musiques guillerettes et de l'absence totale de celles-ci lors des phases avec le Monstre.
Joon-ho Bong:: "J'ai choisi ces musiques entrainantes et plus sympathiques pour les scènes avec la famille , car mon film traite avant tout de ces personnages . Je ne voulais pas accentuer le côté dramatique avec des musiques lancinantes. Pour la bête , effectivement , l'absence de musique accentuait un peu plus la tension dans ces moments précis. "
La Créature:
Au niveau de la créature , Joon-ho Bong: nous apprend qu’elle correspond à ce qu’il avait imaginé dès le départ. Il voulait déjà une créature pas trop imposante ( Godzilla/King Kong , non merci ) et surtout crédible . Le travail effectué est très bien fait et il en est cfier même si Joon-ho Bong: voulait utiliser à l'origine 180 plans de la bête dans son film contre 120 en fin de compte , il faut dire que le moindre plan coutait 30000 euros et si autant de personnes et de sociétés , dont celle de Peter Jackson : Weta ont travaillé de concert sur ce film c’était avant tout une question de coût.
On apprend également que la bête est volontairement antipathique même si quelques plans la rendent un peu plus humaine mais on n’atteint pas le niveau d’un King Kong par exemple. Joon-ho Bong en riant nous dit qu'on s'émeut pas pour son monstre.
Moment de fou rire: « je suis la première femme à m’exprimer et a poser une question de femme : L’intérieur de la bête est il semblable à un vagin". Rires dans l’assistance.
Le réalisateur lui aussi esquisse un sourire et le plus drôle ne viendra pas de lui mais de son interprète qui n’arrive plus à trouver la traduction adéquate en Français malgré l’aide du public et cette dernière lâche d’un seul coup : « j’ai un trou » : fous rires dans la salle avant qu’elle ne dise : oui un accouchement , donc effectivement l’intérieur de la bête fait penser à un accouchement avec les corps extirpés…
L'anecdote:
Petite question amusante à propos des services hospitaliers de Seoul : n’avait il pas peur de l’image qu’il donnait d’eux. Ce dernier répondit en rigolant que non il n’y avait même pas pensé et qu’au vue de l’humour qu’il avait insufflé a son film cela ne posait aucun problème
Joon-ho Bong nous livra d'ailleurs une anecdote qui s’est déroulée en Corée , où une personne soupçonnée d’être atteinte du SRAS avait entrainé une panique folle dans l’hôpital ( à l'image d'une des scènes de son film ) à tel point que ne voulant pas s’exposer a un virus mortel , ces derniers avaient construit un container spécial pour la séparer de l’extérieur. Une anecdote qui a donné naissance à ce film , lui a en tout cas donné l'idée principale et l'utilisation de cette famille sans aide et sans assitance…
A noter aussi qu'à l’origine le héros principal Gang-du ne devait avoir qu’un simple rhume.
Le futur de Joon-ho Bong:
En exclusivité nous avons appris que Joon-ho Bong allait réaliser un film avec le grand Park Chan-Wook, adapté de la BD française : Le Transperceneige de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette. Joon-ho Bong est tombé dessus un jour par hasard et a tout de suite été séduit par l’histoire.: " Dans l'immensité vide et glacée, un train roule sans jamais s'arrêter. On l'appelle le Transperceneige. À son bord, les derniers humains survivants, rescapés de ce jour où la terre a été ensevelie par la neige en quelques heures. Ils sont répartis selon une logique affreusement banale : dans les voitures de tête, les tenants du pouvoir et les privilégiés de tout poil. À l'autre extrémité, les laissés pour compte, les pauvres et les opprimés. L'un d'eux, Proloff, remonte le convoi. Il découvre les arcanes d'un monde clos, où "les nantis comme les damnés n'ont pour unique horizon que les parois de leurs wagons"...
Les deux comparses ont acheté les droits , Joon-ho Bong réalisera le film que Chan-Wook produira.
Cependant cette entreprise n’est pas pour tout de suite, Joon-ho Bong nous a avoué que le film ne sortirai pas avant 2009 voir 2010. Bien dommage quand on voit les deux films de ce réalisateur talentueux: Memories of Murder et maintenant The Host.
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Joon-ho Bong sortira sous un tonnerre d'applaudissements. Une bien belle soirée qui s'achève , un grand souvenir et une rencontre inédite avec ce futur grand réalisateur. Un événement qu'il ne fallait pas manquer.
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Ma Critique:
Le cinéma asiatique et Coréen ne cessera jamais de nous étonner et à l'image de sa bande-annonce The Host réinvente le film d'horreur.
Mais attention point de film conventionnel avec le réalisateur Joon-ho Bong qui avait déja sévit avec l'excellent thriller Memories of Murder. The Host n'est pas à proprement parler un vrai film de Monstre , mais un film sur la famille. Une belle famille de losers , sans repères car sans femme : le grand père travaille dans un Snack avec l'un de ses fils un peu limité et père de la jeune fille de l'histoire , l'oncle est un chômeur diplômé et la Tante une championne de tir à l'arc mais incroyablement lente dans tout ce qu'elle fait. The Host montre cette famille qui contre toute attente va tout tenter pour se débarrasser de la bête malgré les embuches , l'aide inexistante des autorités et la quarantaine mise en place. Un film très critique de la société actuelle , des gouvernements , une satire politique derrière de faux apparats de film d'horreur.
The Host n'est pas gore, n'est pas insoutenable , non le but avoué n'est pas de faire peur et de dégouter le public. On ne voit pas de scènes particulièrement choquante et les amateurs de cinéma horrifique risquent d'être déçu.
L'incroyable force de The Host viens de la facilité avec laquelle Joon-ho Bong jongle entre comédie burlesque et cinéma d'horreur , entre le comique et le tragique. Certaines scènes sont à se plier littéralement , peu banal dans un film de ce genre, et tout ceci en restant cohérent.
Les musiques dont d'ailleurs à l'image des thèmes soulevés dans le film , tantôt guillerettes , tantôt dramatiques, tantôt absentes. Un savant mélange de genres.
The Host est un film à découvrir d'urgence et il faut passer outre l'affiche et les préjugés et se rendre dès le 22 Novembre dans les salles.
NB: Un film d'horreur asiatique sans jeune femme brune aux cheveux longs , puits cachant des cadavres et cassette maudite: Ca fait du bien de sortir de Ring et de ses copies une fois de temps en temps.
Nicolas Leprêtre